Gauchisssport change de nom…

Bonjour Groupe,

Gauchisssport change de nom, on le reconnaitra dorénavant sous le nom de « Dieu… et Réjean Tremblay ».

Mais pourquoi dites-vous ?

Voyez-vous le projet original s’est peu à peu transformé… et la portion gauchisss de moi-même à vite laissée toute la place à mon amour indéfectible pour le DRAMA Sportif. Et qui dit DRAMA sportif dit Réjean Tremblay ! 😀

C’est un flash un peu nono qui m’est apparu hier, en maugréant en voyant la liste des blessés de mon Bleu-Blanc-Noir chéri qui s’allongeait encore plus… Je me questionnais sur l’éventualité  de la fin de cette hécatombe, en relativisant « mais qui bien peu prévoir l’avenir de l’Impact mis à part Dieu… et Réjean Tremblay, bien sûr !

Car pourquoi regardons-nous du sport ? Pourquoi perdons-nous toutes ses heures précieuses de notre vie ? Mais pour voir l’improbable, l’impossible se réaliser… pour votre des héros nantirent sous nos yeux, des pêcheurs se repentir, des victimes être vengées et des menaces anéanties ! Qu’est-ce que le sport, sinon le plus grand Roman populaire de tous les temps?

Et qui dit divertissement populaire dit Réjean Tremblay, bien sûr ! Y a-t-il vraiment une différence entre une saison de Hockey et une de Lance et Compte ? Ne vivons pas les mêmes émotions, ne voulons-nous pas que nos héros réussissent, surtout face à l’adversité ? Ne nous désespérons pas devant les choix narratifs douteux de notre Réjean National aussi bien que des choix tactiques de Michel Therrien derrière le banc de nos Canadiens ?

Dans la grande comédie dramatique que sont nos vies, souvent trop mornes et ternes, le Sport c’est notre Roman d’Aventures à 10 sous.  On le sait que c’est niaiseux, que c’est vulgaire, mais on ne peut s’en passer…

Anachronique Canadien de Montréal

Disons que mon précédent billet sur le Canadien de Montréal était un peu trop émotionnel.  Disons qu’aujourd’hui, je ne suis pas encore prêt à les abandonner, mais je suis extrêmement déçu de la tangente que prend cette équipe depuis quelques années.Montreal_Canadiens

Avec les salaires qui ont augmenté exponentiellement depuis un quart de siècle, nos glorieux se sont grandement distanciés du public… sauf peut-être Carey Price que certains voient de temps à temps à l’épicerie…

On dit souvent que le Canadien de Montréal est « plus qu’une équipe », mais l’est-elle vraiment ? Car quelle est la mission de cette équipe ? Le Fait français ? Être le reflet d’un tout un peuple ?  Porter une histoire ? … Mais laquelle ?

Il n’y a plus beaucoup de francophones dans les « Flying Frenchmen », une équipe qui devrait pourtant donner aux francophones la chance d’oeuvrer dans l’Élite du hockey.  Oui, le Canadien a formé de nombreux entraineurs et directeur généraux, mais quel jeune rêve de devenir entraineur ou directeur-gérant ?  En ce qui concerne les joueurs, ils ne se contentent que du strict minimum, surtout que dorénavant ils ne restent pas plus que  4 saisons dans une équipe. Le « Merci Montréal » est loin d’être satisfaisant, surtout que pour la majorité de l’effectif du tricolore, il ne s’agit rien de moins qu’une simple politesse.  Partout ailleurs, un conservatisme angloconservateur est bien implanté, et pour les dinosaures du hockey le français est considéré comme une nuisance, un ajout inutile sur leurs boîtes de céréales.

Au Québec, l’immigrant et l’anglophone sont obligés d’apprendre le français pour occuper un emploi décent, ça serait la moindre des choses que les vedettes du Canadien en fasse de même.

Les « Canadiens » en 1909, faisaient référence aux Québécois francophones ou les Canadiens français… mais actuellement le terme canadien désignent plutôt les anglophones du Rest of Canada, tandis que le terme québécois désigne de plus en plus une pluralité d’individus…

Il n’a pas que le nom qui est anachronique, le logo, les couleurs, le chandail, démontre un attachement au passé, aux traditions et liens forts avec l’histoire. Tout cela, toutefois, semble trop pesant et nuit à l’innovation.

De quoi est composée la foule au Centre Bell ? Pour la plupart des soirs, de riches hommes d’affaires qui ont des billets de saison.  On laisse un espace aux moins fortunés dans les hauteurs de la zone Molson Ex pour paraître à la Plaine comme une bande d’ivrognes ignares et stupides.  Dans l’ensemble, un match du Canadien est un produit de luxe; le Centre Bell est un haut lieu de la société montréalaise.  Les pauvres, eux, iront regarder le match à la taverne; la classe moyenne s’abonnera au câble et restera dans son bungalow.

Le CH est pris un peu malgré lui dans l’engrenage de l’Histoire… Depuis quelques années, le Québec est séparé en deux.  Que ce soit entre les « carrés rouges » et les « carrés verts », les inclusifs et les identitaires, les solidaires et les lucides, il y a ceux qui poussent pour aller « plus vite » et ceux qui veulent que tous soit bien ordonnés.

Malgré les positions de chacun, il y a une vérité historique qui ne se dément pas : les vieux cons n’aiment pas trop le changement.  Et c’est pour ça que ces derniers préfèrent Pacioretty à PK Subban. En fait, ils veulent leur équipe comme avant, comme en 1976-77… Mais en 2016, le pays,la ligue et la ville ne sont plus les mêmes. Si le Canadien peut sembler être assez progressiste face au reste de la LNH, il semble l’être dorénavant moins pour le public montréalais qui commence à aller voir ailleurs.

Il ne pouvait y avoir pire moment pour le CH pour avoir une aussi mauvaise saison.  Ils ont ouvert la voie à l’impact qui ayant réussi à rapatrier Didier Drogba, n’en demandait pas tant. Le Canadien est pris avec ses vieux riches qui l’enrichissent, mais on voit poindre à l’horizon les difficultés à conserver captif les plus jeunes (18-34) qui n’attendent que le retour du printemps pour aller s’entasser dans le Stade Saputo.

L’attachement à une équipe professionnelle passe par l’identification. Et pour cela, il faut que les joueurs puissent être compris par les partisans, c’est une façon évidente de démontrer qu’ils sont partie prenante avec la communauté. Comme je l’ai écrit plus tôt, je ne suis pas encore prêt à les abandonner, mais je constate toutefois qu’on s’éloigne l’un l’autre et que bientôt, on ne pourrait plus avoir grand-chose en commun…

 

 

Désolant Canadien de Montréal

Tout le monde sera d’accord avec l’affirmation que la dernière saison est « l’annus horribili » du Canadien de Montréal.

Montreal_Canadiens

Le Canadien est devenu une institution et c’est exactement ça le problème.  Comme toute bonne institution, elle perd de son désir d’innovation et  beaucoup d’énergie à faire une place à ses anciens, même s’ils sont incompétents…

Car le Canadien possède une culture du contrôle, avant celle de la victoire. En ne voulant que personne ne soit plus grand que l’équipe, l’organisation empêche les grands joueurs d’y jouer.  En fait, nos deux dernières grandes vedettes sont Patrick Roy et Carey Price, ce qui indique qu’il y a un problème de personnel depuis longtemps en avant du gardien de but.  Le contrôle immense du message fait penser au régime soviétique, avec tous ces journalistes soumis et dociles, offrant une couverture disproportionnée au spectacle et aux résultats offerts par l’équipe. Cette bande d’apparatchiks insignifiants considère les amateurs pour des imbéciles, ce qui semble malheureusement être le marché cible du club de hockey.

Même si j’aime bien Pacioretty en tant que joueur, le fait de le choisir comme capitaine avant PK Subban indique un manque de vision, de panache, et une tendance désastreuse à  privilégier l’effort avant le talent et même avant l’intelligence… C’est le triste chemin qu’a emprunté cette équipe depuis qu’elle s’est honteusement débarrassée de Guy Lafleur dans les années 1980.  À Montréal, on n’aime pas que certains volent la vedette au club, à la marque du Canadien de Montréal et à ce groupe d’anciens dépassés par le hockey moderne.

Les joueurs détestent PK et n’écoutent plus leur coach, tout ça sous les ordres d’un capitaine sans véritable leadership… Un groupe soudé qu’ils nous disent, un groupe soudé où les médiocres se protègent entre eux, ça ne donne pas grand-chose.

Le Canadien de Montréal est devenu une équipe de vieux cons, par des vieux cons et pour des vieux cons…  L’emblème de tout un peuple s’est transformé en une marque diluée, seul refuge des aliénés de notre époque. 23 ans sans coupe Stanley et les gens se régalent encore, il faut comprendre que tous ces vieux partisans sont rassasiés avec tous les grands exploits des années 50,60 et 70… Pourquoi alors changer la culture d’entreprise lorsque le Centre Bell est plein ? Si le boss est déçu par le club, il peut toujours donner ses billets à ses enfants, son chauffeur ou son concierge… Trop content d’assister à une humiliante défaite de nos millionnaires sous-éduqués préférés.

Montreal-CH-CentreBell

Cette année, j’ai abandonné pour de bon cette équipe minable, sans imagination et sans véritable volonté de gagner.  Depuis 1979, cette équipe ne prend aucun risque et est devenue le refuge des anciens, d’une tradition qui n’apporte que trop peu de victoires.  Il est temps d’un changement de culture d’entreprise.

Sinon, et bien… on regardera les matchs des Nordiques…

Vendre l’Impact à Montréal et au Québec

Le premier match de la saison de l’Impact a attiré 27 545 spectateurs au stade olympique, l’organisation en aurait aimé 34 000. Dommage, car bien des gens se sont privés d’un excellent spectacle où les Montréalais ont fini par s’imposer par la marque de 3-0 contre le New York Red Bull, pourtant le champion de la saison régulière 2015, et tout ça sans Didier Drogba. Bon, le stade Olympique peut être d’un ennui mortel, Drogba s’entraine encore sous le chaud soleil de la Californie pour bien préparer son genou pour la saison et malgré la qualité de l’équipe, les Red Bulls n’entraînent pas les plus grandes passions au Québec… On suppose tous que le Stade Saputo va être plein contre le Toronto FC lors de la « vraie ouverture » au mois d’avril, mais ça, c’est seulement un match dans la saison…

Malgré tout, tous les journalistes sportifs clament que c’est « l’année de l’Impact ».   Les Canadiens se sont enfoncés tellement loin dans la médiocrité que l’amateur de sport moyen n’a plus d’autres choix que d’aller voir l’Impact pour avoir sous les yeux un produit de qualité. Mais aller jouer dans la cour de la Sainte Flanelle peut s’avérer hasardeux; il s’agit d’une institution plus que centenaire, tandis que l’Impact a 23 ans d’existence et seulement 4 ans en MLS…  Car contrairement à leur relation avec le Canadien de Montréal, les Québécois(es) ne naissent pas fans de l’Impact, ils le deviennent…

Mais on ne doit pas voir le fait qu’elle ne traîne pas trop de passé, d’histoire, comme un désavantage, mais plutôt comme une opportunité, car elle peut se permettre beaucoup plus d’innovation au niveau de la stratégie de communication et de l’image de marque.  On retrouve déjà beaucoup de choses sur les réseaux sociaux et l’internet parlant de l’Impact ou de la culture soccer en général. Le club de soccer fait sa part, mais il devrait s’affairer à fédérer tous ces éléments et publiciser les bons coups venant de la base dans les canaux plus officiels.

L’Impact doit profiter de la créativité de sa base pour faire plus de marketing viral.  En bref, il s’agit de faire le « template » et laisser les partisans s’occuper de la diffusion. Dans ce genre de stratégie, il faut viser à engendrer un cycle de création perpétuel, donnant aux partisans l’impression d’être continuellement impliqués.  Les tentatives pour forger des liens du haut vers sa base [top-down], plutôt que prendre les initiatives de la base [bottom-up] peut s’avérer désastreux. Le supposé hymne de l’équipe créé par Radio-Radio l’année dernière a eu une réponse assez négative. On comprend que l’organisation avait fait une fleur a un partenaire d’affaires, mais les fans ne sont pas sentis représentés par ce coup de pub. D’un autre côté, un simple renard qui a élu domicile au Stade Saputo est devenu rapidement la vraie mascotte de l’équipe (désolé Tac-tik)… Ces choses-là arrivent par hasard, mais vu qu’elles viennent de la base, le lien émotionnel est plus fort.

Je sais que certains profanes auront de la difficulté à me croire, mais l’ambiance au Stade Saputo est du tonnerre, et même mieux qu’au Centre Bell.  L’Impact se doit de miser sur l’expérience supporters, plutôt que sur l’équipe (bon là l’équipe est excellente, mais un jour elle va l’être moins…) Les victoires ne font pas nécessairement vendre, elles facilitent plutôt la vente de billets.  Et comme le match d’ouverture l’a démontré, une équipe gagnante ne semble pas suffisante.

L’Impact c’est comme Arcade Fire; le Canadien comme Céline Dion. Ce n’est pas dans la même ligue, pas le même public et ce ne sont pas les mêmes besoins de diffusion. L’Impact n’a pas le même bassin de fans, mais leur dévouement peut compenser leur nombre.   Il faut comprendre que l’amateur de sport moyen va venir une fois de temps en temps voir un match, comme il va voir un match par année (ou aux deux ans) pour le Canadien de Montréal… même chose pour les Alouettes… Comme pour toute équipe professionnelle,  l’impact va vivre et mourir avec ses partisans les plus dévoués.

Rentrer du monde dans le stade, c’est comme faire sortir le vote à une élection, faut juste savoir où se trouve nos « sympathisants » et les contacter adéquatement pour qu’ils viennent. Si on n’a pas une couverture média mur à mur et 24 heures sur 24, comme en bénéficie l’institution nationale qu’est le Canadien, il faut une bonne organisation de terrain, et la ferveur des partisans peut s’avérer un outil intéressant dans ce cas-ci.

Oui les gens doivent aller voir les matchs au stade, mais ce n’est pas tout le monde qui peut acheter des billets de saison (ou des forfaits de « mini-saison »). L’Impact a besoin de lieux de rencontre, comme des bars de quartier où on peut aller voir les matchs, car ce n’est pas tout le monde qui a le câble… surtout que les 18-34 ans sont plutôt du genre à pirater des « livestreams » que de s’abonner à TVAsports.  C’est en renforçant le sentiment de communauté que l’équipe va conserver ses partisans et en attirer des nouveaux.

Déjà des activités de toutes sortes sont organisées par des groupes de supporters, il serait bien d’en entendre un peu plus parler.  L’équipe fait déjà beaucoup d’efforts, la couverture média entourant l’Étoile du Nord, l’énorme cloche du stade Saputo, constitue un bon coup de la part de l’organisation.  Il y a toutefois, tout un travail d’information à faire sur la culture sportive à l’intérieur du stade lors des matchs, ce qui pourrait désorienter un spectateur lors de sa première visite. Éduquer le grand public sur les différents groupes de supporters et présenter les gens qui en font partie peuvent entraîner une identification avec l’équipe avant même qu’il se rende au Stade. Cela peut également segmenter le message sans trop d’effort de conceptualisation. Là aussi, l’équipe fait des efforts en ce sens, mais il serait plus préférable, à mon avis, qu’elle pousse plus dans cette direction, plutôt que d’attendre que les médias conventionnels fassent la moitié du travail à leur place.

Car voyez-vous, nous sommes pas le Canadien de Montréal…

Thank god.

Les deux matchs d’ouverture de l’Impact

Il y a tout d’abord le premier match de la saison contre les Whitecaps de Vancouver…

Il y a ensuite le match d’ouverture local au stade olympique contre les Red Bulls de New York le 12 mars.

Mais il y a une date sur le calendrier qui est entourée au gros marqueur rouge tellement fort qu’elle doit être visible dans tout le vestiaire de l’Impact, c’est celle du premier match au Stade Saputo contre le Toronto FC le 23 avril…

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Autre preuve que la rivalité TFC-IMFC est bien enracinée, les médias torontois se permettent déjà un « cheap shot » envers Didier Drogba, sûrement dans le but de « préparer » le match du 23  avril.

Ne vous trompez pas, tout le monde sera bien content de retrouver son équipe au stade olympique pour le début de la saison locale, mais le « Big O » n’a pas la même ambiance que le Stade Saputo.  Il faut y être allé pour comprendre, ce stade a une énergie particulière allant bien au-delà des cris des ultras. Quand on y entre, on sent l’énergie nous aspirer et il est très facile de se laisser conquérir à la première vue du terrain et des estrades qui l’entourent. Même à moitié plein la fébrilité est palpable, et quand on joue à guichet fermé, c’est le délire total.

On ne pouvait pas faire mieux, pour « ouvrir » le Stade Saputo. C’est vraiment là que l’on va pouvoir évaluer si les joueurs ont bien assimilé le nouveau système de Mauro Biello et si Drogba devrait avoir repris toute sa forme, après un retard de préparation et son incapacité de performer sur des surfaces synthétiques en début de saison.

Oui, le Toronto FC a sûrement encore sur le coeur la défaite de 3-0 subite lors des dernières séries éliminatoires et voudront venger cet affront, mais la rivalité entre les deux clubs remonte à bien plus loin… À vrai dire, avant même que l’Impact évolue en MLS…

Les fans montréalais se souviennent très bien du premier championnat canadien où l’Impact encore en 2e division avait battu, chez eux, le club torontois qui, selon la légende, était tellement sûr de l’emporter qu’il avait déjà commandé les panneaux publicitaires pour annoncer leurs matchs en ligue des champions de la CONCACAF…

Ce n’est pas la géographie et l’histoire qui fait de cette rivalité, une des plus intenses de la ligue. En fait, tout semble les opposer, par leur style, leurs dirigeants, leur évolution, leur philosophie… Le Toronto FC est un élément parmi tant d’autres  dans le conglomérat qu’est Maple Leafs Sport & Entertainment, possédant également les Maple Leafs (LNH) et les Raptors (NBA).  Cette équipe est plutôt vue par ses nombreux propriétaires comme un divertissement sportif, plus que quelque chose de transcendant comme peut l’être l’Impact.  Il faut savoir que l’Impact est une équipe qui s’est toujours encrée dans sa communauté et qui est la propriété d’une famille montréalaise s’étant donné comme mission de promouvoir activement le soccer dans la Belle Province. Contrairement à la ville reine, il y a dans la métropole québécoise un climat de compétition entre les différentes équipes professionnelles qui pousse l’Impact à offrir une équipe non seulement gagnante, mais spectaculaire, afin de faire parler d’elle dans un Marché quasiment dominé par le Club de hockey Canadien.

Ces différences « structurelles » vont également influencer les styles de jeu. Le TFC est plus un club de « domination » sur le terrain, tandis que l’Impact mise plutôt sur l’opportunisme.  Le dernier en séries 2015 le prouve bien, le Bleu-Blanc-Noir n’a eu besoin que des 38 premières minutes  pour clore le débat. Après cela, Toronto a repris ses esprits et imposé son rythme, mais le mal était déjà fait et la pente beaucoup trop dure à remonter.  Malgré le côté plus spectaculaire de son jeu, l’Impact avait souvent tendance à jouer avec le feu, prendre des cartons dans des moments inopportuns et démontrait plus de difficulté à conserver le momentum.

C’est une critique que certains font depuis longtemps à l’Impact est de n’avoir jamais eu de style. Je crois plutôt qu’à l’image de sa ville, le club montréalais à tous les styles… Année après année, il est incapable de maintenir une vitesse de croisière, ses championnats étant habituellement remportés par des remontées vertigineuses en fin de saison.  Il doit être tout de même quelque peu complexe pour ses adversaires de se préparer adéquatement à affronter l’Impact, car on sait jamais sur quelle équipe on ne va tomber.  Sur le terrain comme en dehors, l’Impact de Montréal c’est du chaos organisé.

Mais la vraie raison qui explique pourquoi l’Impact gagne, c’est qu’elle est en mission. Il y a un facteur identitaire assez fort chez l’Impact, ce qui est assez fréquent dans la planète foot, mais qui n’est pas encore très bien développé en MLS. Pensez-vous franchement qu’un joueur du TFC (ou toute autre équipe de la MLS) aurait subit ce qu’à subit le capitaine de l’impact, Patrice Bernier, l’année dernière : blessures, sous-utilisations, pour devenir le héros du dernier duel face au Toronto FC ? C’est ce qui explique peut-être, la capacité de l’équipe de « faire des miracles » lors de l’édition 2015 de la ligue des champions de la CONCACAF. C’est ce qui explique peut-être qu’il ne leur a pas pris 9 ans pour participer à un match des séries de la MLS (hein Toronto !).

Gagne ou perds, de toute façon, il y aura toujours un prochain match pour remettre les pendules à l’heure. Surtout, les deux clubs ont tout à gagner à mousser cette rivalité, afin de gagner en popularité. Et la saison 2016 promet à ce niveau, un match de saison régulière entre les deux clubs n’ayant jamais été attendu aussi fébrilement.

 

La place de l’Impact dans la MLS…

Si j’étais la MLS quelle équipe voudrais-je voir en finale et remporter la MLS cup ?

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On ne mentira à personne, le nerf de la guerre dans le sport professionnel sont les droits de télévision et les « gros marchés » entrainent une plus grande visibilité non seulement à l’intérieur de la ligue, mais aussi à l’extérieur de celle-ci.  Par exemple dans le contexte de la LNH, une finale de la coupe Stanley opposant les NY Rangers et les Blackhawks de Chicago ferait beaucoup plus plaisir à Gary Bettman qu’une entre les Prédateurs de Nashville et les Panthers de la Floride…

Mais le sport professionnel c’est aussi un show, on n’attire pas les téléspectateurs et on ne remplit les stades qu’avec de franches et amicales joutes sportives. On suit une équipe et on se présente aux matchs pour se faire émerveiller, pour voir quelque chose d’inattendu, pour voir nos joueurs surmonter l’adversité, faire taire les détracteurs, intensifier des rivalités historiques… vivre des émotions fortes quoi. Au-delà des exploits sportifs, ce que les gens veulent ce sont de belles histoires attendrissantes dans lesquelles on peut se projeter. C’est pour cela, par exemple, que Maurice Richard est la plus grande légende de l’histoire du Hockey, car il a réussi par son jeu à porter les aspirations de tout un peuple.  Le président de la ligue ne l’aimait peut-être pas beaucoup, mais il remplissait les arénas lorsqu’il passait.  La même chose est arrivée avec Jackie Robinson au baseball.  La grande majorité des propriétaires d’équipes des ligues majeures étaient des blancs racistes, mais lorsque les stades se sont remplis d’Afro-Américains, ils sont devenus tout bonnement plus ouverts à la diversité raciale.

Je ne crois pas qu’il y a de Maurice Richard ou de Jackie Robinson présentement dans la MLS (ni dans aucune autre ligue d’ailleurs), mais il n’est pas nécessaire d’avoir des monuments de l’histoire pour attirer l’attention et créer un engouement.  Comme je l’ai déjà mentionné, pour garder ses partisans et en gagner d’autres semaine après semaine, il faut une bonne histoire.  La MLS est une ligue en développement, les rivalités ne sont pas encore totalement formées, les superstars de la planète foot y viennent encore pour y vivre leur préretraite et les équipes sont pour la plupart composées d’un réservoir d’anciens joueurs du circuit universitaire américain compensant un manque d’habilité par un jeu plus physique.  La MLS est en quelque sorte une ligue de « col bleus » dont l’éthique de travail est irréprochable, mais qui manque un peu de panache.

Pour la MLS, le marché de Montréal a un très bon potentiel, même si sa valeur est sous la moyenne de la ligue (128 M$ sur 157 M$ en moyenne en 2015).  Cela est surtout dû au niveau de développement peu avancé de la ligue, certaines équipes tirent cette moyenne vers le haut, tandis que d’autres n’ont pas encore pris leur place dans leur marché… On peut prévoir que d’ici 5 à 10 ans que les « grosses équipes » comme les Sounders ou le L.A. Galaxy pourraient valoir près de 400 millions, le Toronto FC de 250 millions, l’Impact en tirant son épingle du jeu pourrait s’y approcher, s’il arrive définitivement à gober une partie de la couverture du très surmédiatisé Canadien de Montréal qui peut vivre très bien avec quelques parts en moins.

Bon, la « recette du succès » serait alors un gros marché, une belle histoire, et du panache… Vous me voyez venir…

Il ne serait pas trop faux d’avancer que l’Impact est un peu le mouton noir de la ligue. L’équipe a un peu de difficulté à s’intégrer « philosophiquement » dans la MLS, les changements d’entraineurs des dernières années le démontrent assez bien.  À son arrivée dans la MLS, l’organisation avait cru bon de prendre un pur produit de la ligue, Jesse Marsch, afin de mieux s’y intégrer.  Pourtant, les différences de vision sur la direction que devait prendre l’équipe et le caractère bouillant du propriétaire  ont eu raison du poste de monsieur Marsch.  Voyant que la « façon de faire MLS » n’avait pas fonctionné, on se tourna vers l’Europe, en engageant Marco Schällibaum, dont le style imposé aux joueurs plut instantanément aux supporters.  Malgré tout, le peu de profondeur, l’utilisation massive des joueurs vedettes qui en suivit, et encore une fois, des tensions avec le propriétaire, en plus de l’équipe de direction, fera quitter l’entraineur suisse qui ne resta guère plus longtemps que son prédécesseur.  On se retourna alors encore une fois vers la « filière MLS » en engageant Frank Klopas (le troisième en trois ans) qui malgré une belle aventure en ligue des champions de la CONCACAF a réussi à se mettre tout le monde dans région métropolitaine à dos.  Finalement, on placera l’assistant-entraîneur  et ancien joueur de l’Impact, Mauro Biello au poste d’entraîneur par intérim qui avec l’aide de Didier Drogba, a réussi à sauver la saison de l’Impact. On peut même déceler une constante dans les trop fréquents changements d’entraineurs, dans l’utilisation du capitaine Patrice Bernier. Tous sans exception, ont sous-estimé le joueur, pour finalement (sauf pour Klopas) voir en lui ses qualités et lui donner la place qui lui revenait.  Ces entraineurs n’appréciaient pas le jeu défensif de Bernier, pendant que tout le monde dans les estrades ne comprenait pas où se trouvait le problème. Alors que la MLS s’attendait qu’on reprenne un autre entraineur dans leur cour, tout le monde savait à Montréal qu’on avait enfin trouvé  « le bon ».  Outre Bernier, l’effet Biello a réussi à ressusciter de nombreux joueurs dont le jeu avait été éteint sous Klopas.  Pour beaucoup d’observateurs de la MLS, l’Impact de Montréal reste un mystère enrobé dans une énigme, ce qui n’est pas pour déplaire dans cette suite de matchs génériques qui leur sont souvent présentés.

Car l’Impact ne manque pas de faire parler d’elle, par sa finale en ligue des Champions de la CONCACAF, l’arrivée de Didier Drogba, l’incroyable rivalité contre Toronto, la saga de la situation Didier Drogba durant la pause estivale, sans compter tous les autres innombrables drames depuis leur arrivée dans la MLS (et même avant)… l’équipe attire déjà les yeux du monde sur elle. Et en plus, celle-ci joue mieux lorsqu’elle reçoit (et génère) toute cette attention.

Car le roman risque de se continuer lors de la prochaine saison, le passage de Didier Drogba sera-t-il une histoire de rédemption ou une tragédie laissant un goût amer aux partisans ? Patrice Bernier terminera-t-il sa carrière dans la gloire ? Mauro Biello démontera-t-il qu’il a tout ce qu’il faut pour diriger dans la MLS ? Salazar fera-t-il regretter tous les recruteurs de ne pas l’avoir repêché en première ronde ? Cameron Porter est-il l’homme d’un seul miracle ? Ciman et Donadel sauront-ils conserver leur sang-froid ?   Les femmes de joueurs vont-elles s’en prendre aux dirigeants sur Facebook ? Le chemin à parcourir pour décrocher les plus grands honneurs sera long et ardu, et si on se fie au passé, il risque d’y avoir de nombreux rebondissements.  Mais si le passé de l’Impact nous a appris quelque chose, est que cette organisation est une des plus résilientes qui soit et qu’une crise pouvant démolir la saison de n’importe quelle autre équipe de la MLS est un mardi comme les autres au bureau pour l’Impact.

Et en fin de semaine une autre saison commence… et encore une fois les partisans risquent d’en avoir pour leur argent, pour des bonnes et moins bonnes raisons…

Mais comme une bonne histoire fait vendre, la MLS aurait tout à gagner à voir le Bleu-Blanc-Noir aller jusqu’au bout…

En tout cas, on ne s’ennuiera pas, ça c’est sûr !

 

L’Impact… national

 

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Célébration d’avant-match au Stade Olympique avant la tenue du deuxième match de la finale de la ligue des Champions de la CONCACAF opposant l’Impact de Montréal au Club América. Plus de 60 000 personnes ont assisté à cet événement.

La dernière coupe Stanley du Canadien de Montréal était en 1993, la même année que la fondation du club de soccer de l’Impact de Montréal.  Depuis, le Canadien n’a rien gagné, les Expos sont partis et les Alouettes sont revenues. L’Impact, lui,  a eu un parcours des plus chaotique, mais a réussi à tenir le coup au travers des changements de ligues, ramassant ici et là des championnats, accédant finalement à la MLS en 2012 et devenant aussitôt une des ses équipes phares, surtout en accédant presque par miracle à la finale des ligues des champions de la CONCACAF au début de l’année 2015.  Petit à petit, le Bleu-Blanc-Noir commence à faire son nid et s’impose dans le paysage sportif Montréalais et Québécois, surtout depuis l’arrivée la saison dernière de Didier Drogba, venu stabiliser la situation dans un club encore fois perdue dans la tempête.  Mais l’Impact a réussi plus que des exploits sportifs durant l’année 2015, le club de soccer à réussi à sortir de la marginalité dans laquelle l’establishment médiatique l’avait enfermé et également devenue, surtout chez les plus jeunes, l’incarnation d’un Québec plus actuel, plus ouvert et plus diversifié.

Il faut savoir que le plus gros avantage (et également son plus gros inconvénient) chez l’impact est son pouvoir d’attraction immense envers la génération Y, les fameux « 18-34 ».  Si le mot-clic #IMFC (Impact Montréal Football Club) est le plus populaire dans le tout le Québec, le club de soccer montréalais a peine à s’imposer dans les médias plus traditionnels.  Les fans de l’Impact représentent actuellement un « cult  following », qu’un véritable engouement à l’échelle nationale.  Les partisans eux sont souvent frustrés de se faire dire à tout bout de champ « quoi… t’aimes ça le soccer ? ».  L’Impact aux yeux des non initiés, est cette curieuse chose venue d’un autre monde.  Le club n’a pas pour ainsi dire de tradition, contrairement aux Canadiens ou même aux Alouettes dont l’attachement peut se transmettre des plus vieux ou aux plus jeunes. L’Impact doit de son côté faire le chemin inverse, car ce n’est pas les bras meurtris qui transmettent le flambeau, mais les plus jeunes qui tirent quasiment les plus vieux dans le stade.  L’effet de nouveauté fait en sorte la composition du noyau dur de partisans est aussi le reflet d’un Québec très actuel, c’est-à-dire culturellement très diversifié. Je ne dois pas vous faire un dessin, pour vous expliquer que dès qu’on retrouve plein d’immigrants à un endroit, ça rend certains (pas tous quand même) Québécois de souche plutôt réticents à se joindre au party.  Dans ce monde de controverse sur le blackface, les réfugiés et sur des propos de mononcle en tout genre, la famille de l’Impact nous permet d’avoir un lieu où le Québec peut être ouvert et actuel sans obligé d’être obligatoirement de « gauche révolutionnaire ».

Il faut comprendre que les équipes sportives nous donnent un moyen par procuration de converser avec nos voisins. Autrefois, les Expos reflétaient notre relation avec les Américains, ils permettaient d’exprimer notre « américanité » au travers de leur sport national.  Le baseball des Expos à la radio c’était la trame sonore de l’été québécois avec ses canicules, les papas qui lavent leurs voitures, les vieillards sur leurs perrons, les amis à la plage et les traîneux qui jasent avec le caissier du dépanneur.  Avec l’instantanéité des informations, ce monde semble encore plus lointain que la décennie réelle du Québec sans baseball des Ligues Majeures.

Les Alouettes, ainsi que le football universitaire, nous donnent en quelque sorte une conversation avec le reste du Canada.  Notre Football à trois essais est peut-être moins Glamour que celui de la NFL ou de la NCAA, mais c’est le nôtre.  La victoire est toujours fort appréciée, mais une coupe Grey ou une coupe Vanier n’ont rien d’une Coupe Stanley.  Personne sur le reste de la planète, sauf pour le record d’Anthony Calvillo, ne se soucie du football canadien.  Notre attachement à ce sport réside dans son exclusivité, mais l’espace dans lequel il est confiné est si restreint qu’il devient difficile de soulever les passions les plus intenses.

Les Canadiens de Montréal démontrent notre supposée domination historique sur le hockey. Le hockey étant né à Montréal, il est normal que la plus grande équipe de la LNH soit celle de cette ville. Mais la tradition pèse, et c’est dur pour les plus jeunes de se retrouver dans cette suite d’équipes ordinaires, remplies, hormis peut-être PK Subban, de joueurs impassibles aux propos édulcorés, alors que nos aïeux ont été témoins des plus grands exploits des plus grandes légendes… Le Canadien est devenu ce monolithe immobile perdant continuellement de son pouvoir d’attraction et dont la fonction de « nation building » s’est changée en morne habitude qu’on accepte sans trop réfléchir.  Un des éléments qui illustre bien cette situation est la question du fait français,  alors que les vedettes multimillionnaires du club de hockey se contentent des « Merci Beaucoup » au début et à la fin de leurs entrevues.  Si auparavant l’équipe était un microcosme de la société dont elle provenait, avec des dirigeants anglophones et des vedettes francophones sous-payées; elle est désormais dirigée par des francophones, souvent inexpérimentés, et avec des joueurs de partout dans le monde, comprenant une poignée de joueurs de soutien à saveur locale. Comme auparavant, la langue de travail chez le Canadien est l’anglais. La situation est tout autre chez l’Impact où les joueurs francophones sont nombreux, au point où certains joueurs étrangers se mettent à apprendre le français et le parlent sans trop de difficultés.  Il faut savoir que le monde du soccer est plus diversifié et qu’il est normal pour un joueur de parler plusieurs langues. Malgré tout, si le français est dominant, il ne s’impose pas comme tel.  L’entraîneur peut en quelque sorte, engueuler le joueur dans la langue de son choix, mais au moins les journalistes n’ont pas à faire la file devant les deux mêmes « plombiers » pour avoir des commentaires dans la langue de Vigneault…

Quand on compare avec le Canadien où toute communication est fortement contrôlée et où le ton est toujours poli, donnant une teinte très beige à une équipe qui devrait plutôt porter les passions de tout un peuple.  L’Impact, elle, fuit de partout, a un message souvent brouillon, apparaît dysfonctionnelle, et pourtant ceux qui en font partie, restent malgré tout.  Car l’Impact est une grande famille, pendant que les Québécois s’éloignent de plus en plus d’une Charte à l’autre, la communauté du Bleu-Blanc-Noir se tisse encore plus serrée au gré des triomphes et des tragédies formant la courte histoire de l’équipe.

Le Canada, les États-Unis, l’Amérique du Nord, cela semble désormais trop petit pour la génération du Printemps Érable, des réseaux sociaux, des « Start Up », de la fluidité des genres et du Québec inclusif. Cette petite équipe de soccer parfois un peu broche à foin, mais pleine de convictions, converse avec le monde et c’est exactement ce que cette génération veut.  Même si on est encore pas de taille, les supporters se projettent dans cette conquête du monde, et contrairement à d’autres, dans ce projet l’origine ethnique ou la langue maternelle ne semble pas le premier critère d’adhésion…

 

Ma Tuque Magique des Jets de New York…

Et oui, je suis l’heureux propriétaire d’une tuque laide des Jets de New York qui m’a coûté le faramineux prix de… 6,00 $.  Pourquoi, j’ai une Tuque laide des Jets de New York à 6 $, et bien c’était l’item le moins cher que je pouvais prendre pour avoir un livraison gratuite, alors que je commandais une belle casquette des Expos.

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Alors ma Tuque traîne dans mon appartement où plein de choses traînent et alors que j’allume ma nouvelle TV, je redécouvre le Football de la NFL le dimanche après-midi…  les Jets jouent contre les Giants et ils s’en vont en prolongation ! Alors, je rigole et je mets ma tuque pour encourager les Jets (même si je prenais pour les Giants dans leurs 2 victoires au Superbowl contre Satan les Patriots)…  les Jets font un placement… mais les Giants répliquent, s’approchent  de la zone des buts pour tenter un à leur tour… Et là, je me dis : « les Giants ne réussiront pas, car ma Tuque magique va les en empêcher »… vous savez quoi ? Le botteur a manqué son placement de genre 11 verges, un miracle, je vous dis ! Tout ça grâce à ma tuque magique (et oui !).

Comme on est dimanche, un autre match suit, Les Patriots affrontent les Eagles qui supposément n’ont aucune chance… alors je me dis « je garde la tuque, car… Fuck les Patriots ! Go Jets ! »… vous savez quoi ? Les Eagles ont bitchslappé Tom Brady et sa bande 5035-28 ! Les Banwagonners de supposés fans des Pats vont me dire : « ben là, l’gros Gronk y’était blessé »… Non je vous dis, la tuque… la tuque magique des Jets a fait a son oeuvre !

La saison de Jets a viré de bord depuis que je suis propriétaire de cette tuque… Mais bon, je ne suis pas la NFL très intensément…c’est plutôt un bruit de fond de mes dimanches après-midi, alors que je révise du  Spinoza pour me détendre… Sauf que, dimanche passé c’était différent… J’ouvre la télé et là… les Jets affrontent les Patriots ! Oh Shit, je me dis ! Vous pouvez croire que j’ai enfoncé ma Tuque solide sur ma caboche… Ça allait bien pour les Jets, mais devant de tels disciples du côté obscur de la force, je me devais d’invoquer des esprits si puissants que même les maléfiques subterfuges de Bill Bellichik ne pourraient faire effet… C’est alors que je me suis mis à écouter non-stop Enter the Wu-Tang – The 36 chambers…  Ze Album !  Les Pats n’y pouvaient rien… euh..rien… sauf vers la fin du match où ils ont fait une remontée pour créer l’égalité, mais c’était à cause que je suis allé voir le nouveau matériel du mythique groupe de Rap, l’univers ne voulait entendre que les vieux succès…

Je vous jure que résonnais dans mes oreilles « Wu-Tang Clan ain’t notin’ to Fuck wit… » lorsque les Patriots se sont fourvoyés alors du tirage au sort et ont dû botter le ballon aux Jets qui n’en demandait pas tant… La Tuque magique amplifiée par le pouvoir de Wu-Tang embrouillant l’esprit des joueurs de la Nouvelle-Angleterre. Ensuite, 4 jeux faciles, touchés des Jets, victoire de 26-20 !

La Foi du Partisan

Vous savez, il y a des clubs dont on ne choisit pas de devenir des partisans, ce sont eux qui nous choisissent. Durant toutes ces années, je n’ai jamais eux de clubs dans la NFL, j’ai butiné d’un club à l’autre sans trop de ferveur… Je prenais même pour les Pats, au début, avant que j’apprenne que ce sont tous de sales tricheurs.

Je crois que le destin m’a amené au Jets. Ouf !  Que de rêves brisés et de moment de douleurs à l’horizon.  Car les Jets ne sont pas comme les Jaguars, où ont s’attend à ce qu’ils perdent lamentablement… où comme les Chiefs ou les Panthers qui finissent par avoir des regains de vie pour redonner espoir à leurs fans.  Les Jets sont abonnés au « moyen-mauvais »… à la mince lueur d’espoir, ils finissent par décevoir… Et personne ne croient en eux, c’est en quelque sorte le running gag de la NFL… Prendre pour les Jets, c’est avoir Foi en l’impossible.

Mais les Jets ont déjà réussi l’impossible et ce sont même eux qui ont changé l’Histoire de la NFL à tout jamais.  Car voyez-vous apparent le football professionnel aux États-Unis comprenait deux ligues la NFL, digne monument à la tradition qui jouait à la télévision en noir et blanc, face à  la jeune et fougueuse AFL qui elle était en couleurs… La NFL c’était la ligue des vieux et des joueurs robustes qui faisait des courses de 5 verges dans la boue; la AFL était plutôt la ligue avec pleins de joueurs noirs faisaient des passes de 45 verges, des jeux truqués et des retours de bottés de 102 verges.  Pour départager les deux ligues (et faire en même temps un gros paquet d’Argent) ont avait créé le Superbowl où devait s’affronter les champions des deux ligues.  Tous les experts voyaient en la AFL un ligue inférieure, et les des 2 premiers Superbowl leurs avaient donné raison.  Tous prévoyaient également un résultat similaire lors du Superbowl III où devaient s’affronter les puissants Colts de Baltimore aux Jets de New York.  Pour vous dire, on s’attendait tellement à ce que les Colts gagnent que les preneurs aux livres avaient mis les Colts gagnant par 18 points ! Frustrés de se voir ainsi négligé par tout le monde, le quart des Jets, Joe Namath, a garanti la victoire de son équipe trois jours avant le match…

Les Jets ont remporté le Superbowl III 16-7, le seul qu’ils aient jamais gagné. Les deux ligues fusionneront deux ans plus tard, maintenant que tous sont convaincus de la parité entre celles-ci. Grâce à cette victoire des Jets, la tradition du Superbowl est enclenchée… Un seul Superbowl, rien que cela, mais ce fut le plus important, celui dont tout le monde parle et dont on parlera encore dans 100 ans…