Pas seuls, mais marginaux

C’est toujours un peu compliqué d’amener des gens au stade pour voir les impacts. Habituellement, les amis sont curieux, mais hésitent à accepter à entrer dans ce lieu inconnu aux coutumes étranges et pour y voir un sport qu’ils ne comprennent pas totalement. Être fans du CF, ce n’est pas aussi répondu que le Canadien. Un match du CH peut attirer même les moins intéressés à cause du prestige du Centre Bell, où plusieurs achètent un billet y être vu et se chercher de la reconnaissance avec une publication sur les réseaux sociaux. 

Parler du match de «foot» peut mener à se faire regarder de travers durant les conversations de bureau. Le CF n’est pas unanime, ce n’est pas, malheureusement, aussi enraciné dans l’imaginaire collectif du franco-québécois d’expression française.

Vouloir suivre à tout prix le Bleu-blanc-noir peut être une traversée du désert, surtout pour se trouver des gens qui partagent notre Foi. Il ne s’agit pas ici d’une critique, mais d’un constat : l’impact est plus organique que les autres équipes professionnelles de Montréal. Beaucoup d’activités sont le résultat des efforts de la base. Les tailgates sont de vrais tailgates et non une collection de chapiteaux de commanditaires, tenus par des adolescents blasés où sonnent les chansons nullissimes d’une radio FM. Toutefois, un lieu sans âme, où personne n’a besoin de prouver son appartenance, est moins menaçant pour le commun des mortels. Si certaines organisations se qualifient d’institutions, le jeu du marché les ont transformées en grand fourre-tout sans réelle valeur. Il faut faire ici une différence entre les grandes équipes et les grosses équipes. Par exemple, un Wal-Mart est un gros magasin, mais pas une grande chaîne. Ce n’est pas parce que tout le monde y va que c’est nécessairement bon.

Il faut des endroits pour se rassembler. Se retrouver entre nous. Le degré de ferveur peut en faire hésiter quelques-uns. Les novices pourront être intimidés par le degré d’implication des partisans les plus aguerris. Si certains de ces endroits existent déjà, ils sont peu répandus et surtout, peu connus. Trouver un endroit près de chez soi pour regarder un match entre amis peut devenir une chasse au trésor. La communauté gagnerait à être un peu plus répandue, sans pour autant perdre de son authenticité. L’organisation, mais aussi la base des partisans, se doit de réfléchir sur l’accueil des néophytes. 

Ceci est une tâche moins fastidieuse qu’il n’y parait, car des partisans il y en a, et ce, partout au Québec. Cependant, nous sommes terrains dans un anonymat confortable; où la horde de «Serges» ne vient pas nous embêter. Il serait bon d’afficher notre présence au dehors du stade, quitte à tout faire soi-même. Cela n’est pas impossible. Au début, la couverture médias était inexistante, et ce sont les partisans qui nous donner les premiers podcasts sportifs, les amenant aujourd’hui à être des spécialistes au côté de joueurnalistes habituels. Cette couverture est encore minime, mais elle croit d’année en année. 

Alors prenons contrôle du territoire, organisons des événements et promouvons ceux qui existent déjà. Allez Montréal!

Avoir 40 ans

Je n’étais pas au stade olympique et je n’ai pas regardé le match à la maison. Quoi! Moi, manquer une partie des impacts, soirée de retour a la maison par-dessus le marché? Et oui, mais j’avais une bonne raison: je faisais mon entrée dans le club des vieux croûtons, je soulignais mon quarantième anniversaire de naissance.

De toute façon, pensai-je, le stade n’est qu’un tombeau de béton où l’ambiance va mourir avant de ressusciter au printemps avec le premier match au stade Saputo. 

Je peut-être manqué de sports cette semaine-là, mais l’organisation d’une fête, même assez modeste peut s’avérer un exercice ardu. Trouver une date qui satisfassent les invités, restaurant, bar, les invitations et s’assurer que tout le monde ait les bonnes informations, ça prend de la charge mentale, une chance que ma sœur s’est portée volontaire comme co-organisatrice.

J’ai commencé la festoyer tôt, car mes parents voulaient me donner mes cadeaux avant de se rendre au restaurant. Quelques verres de vino, déjà dans le système, pour calmer la nervosité et le début de la crise de la quarantaine, me donnais l’impression d’être à un avant-match au grand soleil, dans le stationnement du centre Claude-Robillard. Comme dans tout, être ponctuel est une bonne chose, surtout pour ceux devant entrer au stade olympique. Je peux me consoler en pensant que je ne me suis pas resté dehors au froid à manquer le début de la partie.

Car malgré le tapage dans le restaurant et les entrecroisements des conversations entre amis, j’ai réussi à regarder le début de la partie. Dès le départ, un but sur penalty, ça regardait bien. Mon assiette arrivant, je pouvais me concentrer à discuter avec chacun des invités.

Je n’aime pas ces gros groupes, car on n’a pas vraiment le temps de parler à tout le monde. J’aurais aimé avoir un peu plus de temps avec chacun des membres de ma famille et mes amis. J’ai quand même eu le temps de faire des promesses à plusieurs d’entre eux sur l’effet de l’alcool, toujours un signe de fiabilité… 😉

Durant le repas, j’ai consulté mon téléphone qui m’indiqua un score de 1-1. Aussi bien retourner à mes amis, ça sentait une quatrième déception de suite pour les Montréalais en gris.

Avant de quitter le restaurant, j’ai regardé une autre fois : 2-1 pour les Unions de Philadelphie! Et bien, mon intuition était juste! Comme j’ai bien fait de consacrer cette soirée à la célébration de ma propre personne.

Avant de continuer la fête au bar, j’ai remis de petites surprises à chacun des invités. Je ne dévoilerai pas la nature de celles-ci, car certains de mes camarades ne les ont pas encore reçus. C’est avec bon entrain que nous avons continué la soirée.

Comme je suis rendu vieux, la soirée ne s’est pas terminée trop tard. Très tard, mettons pour un plus de trente ans; pas vraiment tard, si on se fie à mes folles années de prime jeunesse. J’avais toutefois la tête qui tournait un peu. Quand j’ai vu le score final du match, 3-2 pour les impacts, je me suis demandé si l’alcool me jouait des tours. 

J’ai regardé les faits saillants dans mon lit, tout en m’hydratant convenablement pour ne pas avoir une gueule de bois le lendemain. J’ai quand même eu la gueule de bois le lendemain. Ça avait l’air d’un beau match… Un match historique même! Espérons que cette rencontre sera un point tournant dans la saison. 

Pour ceux qui étaient au stade, ils le considèrent sûrement comme un moment inoubliable. De mon côté, je me souviendrai de mon anniversaire avec beaucoup de gratitude, car c’est toujours important de s’entourer des gens que l’on apprécie.

Il serait temps de gagner… pour vrai.

montreal_impact_mls_logoCher Impact de Montréal,

Tout au long de l’année, on a attendu ce point tournant, ce moment qui allait dévoilé la grande équipe promise depuis la fin de l’année dernière.  Tout ce qui est arrivé cependant depuis de la saison 2016, c’est qu’on a échangé constamment  notre perception de la saison entre celle du verre à moitié plein et celle du verre à moitié vide. Tout est à demie teinte : un début de saison fracassant suivie de nulles à répétitions, les blessures, les joueurs qui quittent et ceux qui reviennent.  On a repris espoir avec une immense victoire à la maison contre Philadelphie, peu après une défaite horrible contre Chicago, pour être témoins ensuite un gain miraculeux à Toronto avec seulement 10 joueurs, pour s’effondrer encore une fois contre Orlando à la maison… Cette équipe n’a jamais su atteindre sa vitesse de croisière, jamais eu de momentum.

Sérieusement, ça vous prend quoi ? Car tout le monde sait que vous avez tous les ingrédients pour réussir.  Lorsque vous êtes en feu, rien ne peut vous arrêter, vous survolez la ligue, vous impressionnez, vous avez l’air de quelque chose comme une grande équipe. Malheureusement, vous sortez votre meilleur jeu seulement lorsque vous devez réagir aux événements, comme à Toronto par exemple. Il faut constamment vous secouer pour vous faire réagir. Vous êtes bons pour défendre votre honneur, mais l’instinct du tueur vous ne semblez pas l’avoir.

Et pourtant, ce n’est pas la motivation qui vous manque, la fenêtre d’opportunité n’a jamais été aussi belle.  Malgré tout, votre popularité augmente. Vous devez faire quelque correctement…

Vous oeuvrez dans une société en pleine mutation et en quête de repères, vous pourriez indiquer la voie au lieu de vous chercher match après match.  Vous devriez vous rendre compte un peu plus de la bouffée d’air frais que vous offrez dans le paysage montréalais, dominé par le trop convenu et contrôlant Canadien de Montréal qui présente un produit moyen à des vieux riches dépassés se contentant des succès d’une époque révolue.  Les bouffées d’air frais sont rares pour le Montréal multiethnique trop souvent caché par une version générique au teint aussi beige que ses propos. Et ceux qui osent briser cette hégémonie se  voient porter au pilori. L’unanime et immobile Québec semble pareil partout, surtout dans l’univers sportif où le gros rire gras du mononcle enterre tout langage coloré provenu d’ailleurs. Cette société tricotée serrée a délié ses liens depuis plus d’une décennie, et si de plus en plus de voix se fond entendre, le climat de suspicion, de démagogie et d’intolérance devient assez lourd à porter. Les gouvernements, eux, ont trop souvent remplacé les projets de société pour du mépris. Au Québec, la différence est un bruit de fond, un morceau de décors, elle n’est jamais présente à l’avant-scène.

Vous ne vous en rendez pas assez compte, mais vous montrez un visage que l’on ne montre pas (ou presque pas) au Québec. Celui d’une diversité décomplexée qui ne demande aucune permission pour accomplir de grandes choses.  De la ligue des Champions et des séries l’année dernière, à toutes les remontées folles et au match contre Toronto cette année. Chaque semaine vous gagnez des adeptes, conquis par l’ambiance exaltée du Stade Saputo.  On se demande encore pourquoi il y a autant de désarroi de votre côté ?

Il y a l’Histoire qui n’attend qu’à être écrite. L’Impact n’est peut-être pas l’équipe avec la plus grande valeur marchande, avec les plus grandes assistances ou le plus d’abonnements de saison; c’est qui est unique, c’est le contexte social dans lequel il s’inscrit qui va au-delà même du fait français en Amérique du Nord. C’est, peut-être malgré lui, le symbole d’une génération et d’une vision différente du Québec. Bref, si vous gagnez, ça veut dire plus qu’une simple victoire sportive. C’est aussi dire à tant de gens que l’espoir n’est jamais véritablement mort, que le triomphe existe, que l’histoire peut se terminer, qu’on peut tourner la page et commencer un nouveau chapitre.

 

 

Y’en aura pas de facile…

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… À première vue ça sonne bien en maudit, mais quand l’adversité te frappe en pleine gueule, t’aurais préféré que ton parcours de vie soit une jolie promenade dans les bois, pas l’escalade du mont Everest…

L’été s’annonçait radieux pour notre Impact national, mais la dernière fois qu’ils ont gagné, on avait nos tuques sur la tête, un foulard autour du coup et on roulait encore avec nos pneus d’hiver… On a encaissé les nulles, c’est des points en banque, mais avec la défaite à Orlando, la panique commence à s’installer…

Et puis, il y a un foutu Belge qui se blesse dans la vieille Europe et on apprend que Saint-Laurent de la Défense ira le remplacer à l’Euro… Catastrophe ! Le meilleur défenseur de la MLS absent pour un mois, dans une équipe qui se cherche encore… Une longue traversée du désert nous attend mes amis… Notre Foi sera mise à grande épreuve.

J’aimerais vous rappeler qu’on parle de l’Impact de Montréal… Que l’on qualifie comme étant « le meilleur show en Ville », mais l’Impact de Montréal ce n’est pas seulement une ambiance, du spectacle, c’est une suite ininterrompue de drames, de rebondissements et de controverses.  L’Impact de Montréal ce n’est pas juste un « le meilleur show en ville », c’est en fait le meilleur téléroman sur la planète.

Là haut dans les cieux, l’Impact à son propre Réjean Tremblay, son « gars des vues » céleste qui écrit sa saison, avec différents épisodes…des bons, des moins bons et une finale qui, espère-t-il, sera satisfaire les supporters, tout en leur donnant le goût d’être fidèle au poste la saison prochaine. Car si au niveau sportif ça laisse à désirer, au niveau narratif c’est de l’or en barre, c’est tout un show !

Après avoir casser la baraque avec deux victoires complètement folles, l’Impact avait réussi à se maintenir au classement dans l’Est avec des victoires en demi-teinte, après une défaite contre le Toronto FC, le Bleu-Blanc-Noir ne fait plus que des matchs nuls, certains étant carrément décevants, d’autres des morceaux d’anthologie. Partout, on cherche des causes, mais les blessures ont frappé l’équipe qui n’a jamais vraiment aligné un XI partant avec ses meilleurs effectifs dans la meilleure forme possible.

« On va à la guerre avec l’armée qu’on a, pas celle qu’on voudrait avoir » disait le vieux Rumsfeld avant le désastre de la deuxième invasion de l’Irak, mais en ce moment il y a autant de trous dans à boucher dans l’alignement de l’Impact que sur une rue de Montréal… c’est tout dire.

Faudra passer au travers, faudra affronter l’adversité, faudra se forger le caractère.  Comme l’a dit Piton Ruel : « y’en aura pas de facile ».

Vous vous souvenez 2015, le passage rédempteur en Ligue des Champions, le but expiatoire de Cameron Porter contre Pachuca dans les arrêts de jeux, les 60 000 personnes dans le Stade pour la finale crève-coeur contre Amèrica… là aussi un terrible creux de vague qui s’est terminé par le départ de Klopas et l’arrivée messianique de Didier Drogba. Une fin de saison grandiose et s’est terminée un peu abruptement en séries, l’équipe un peu vidée avait trébuchée contre Columbus… Mais tout le monde se disait : « en 2016, ça sera moins chaotique, on pourra se concentrer sur le championnat MLS, l’équipe sera mieux soudée, avec tous ces joueurs on va piétiner les adversaires un à un jusqu’à la coupe ». Déjà on plaçait nos chaises pliantes sur la Sainte-Catherine pour la parade… dur retour sur terre pour les Montréalais.

Dites-vous que tout ça, c’est arrangé avec « le gars des vues », et comment on écrit ça une « bonne vue » ? Tout d’abord, il faut accrocher le spectateur, le saisir, l’émerveiller dès le départ et surtout le lier émotionnellement avec le ou les personnages principaux. Ensuite, on vous montre qu’ils ont les capacités pour vaincre, pour vous faire douter quelques moments plus tard en mettant devant eux un obstacle insurmontable qui à la toute fin sera déjoué due aux qualités intrinsèques des héros. À moins que ce soit une tragédie, là c’est la même chose, mais ça finit mal et on sait tout au long que ça va mal finir… que tout est perdu… qu’on peut ne rien y faire. Alors la saison 2016, une fin heureuse ou malheureuse ?

On parle ici de la MLS qui malgré tous ses nombreux défauts, démontre une grande parité entre les différentes équipes qui la compose.  Portland, le champion 2015, avait gagné le match de barrage dans la conférence de l’ouest en fusillade, après que tous les joueurs des deux équipes aient passé, il fallut s’en remettre aux gardiens de but pour départager le gagnant. Qui aurait prédit une chose pareille, on se serait cru dans un film !

Tout est encore possible, du meilleur comme du pire… il faudra être patient et attendre jusqu’à la fin. Au moins, jusqu’à ici on ne peut pas dire que l’intrigue est mal ficelée, on a tous déjà hâte au prochain épisode. 😉

 

 

 

Gauchisssport change de nom…

Bonjour Groupe,

Gauchisssport change de nom, on le reconnaitra dorénavant sous le nom de « Dieu… et Réjean Tremblay ».

Mais pourquoi dites-vous ?

Voyez-vous le projet original s’est peu à peu transformé… et la portion gauchisss de moi-même à vite laissée toute la place à mon amour indéfectible pour le DRAMA Sportif. Et qui dit DRAMA sportif dit Réjean Tremblay ! 😀

C’est un flash un peu nono qui m’est apparu hier, en maugréant en voyant la liste des blessés de mon Bleu-Blanc-Noir chéri qui s’allongeait encore plus… Je me questionnais sur l’éventualité  de la fin de cette hécatombe, en relativisant « mais qui bien peu prévoir l’avenir de l’Impact mis à part Dieu… et Réjean Tremblay, bien sûr !

Car pourquoi regardons-nous du sport ? Pourquoi perdons-nous toutes ses heures précieuses de notre vie ? Mais pour voir l’improbable, l’impossible se réaliser… pour votre des héros nantirent sous nos yeux, des pêcheurs se repentir, des victimes être vengées et des menaces anéanties ! Qu’est-ce que le sport, sinon le plus grand Roman populaire de tous les temps?

Et qui dit divertissement populaire dit Réjean Tremblay, bien sûr ! Y a-t-il vraiment une différence entre une saison de Hockey et une de Lance et Compte ? Ne vivons pas les mêmes émotions, ne voulons-nous pas que nos héros réussissent, surtout face à l’adversité ? Ne nous désespérons pas devant les choix narratifs douteux de notre Réjean National aussi bien que des choix tactiques de Michel Therrien derrière le banc de nos Canadiens ?

Dans la grande comédie dramatique que sont nos vies, souvent trop mornes et ternes, le Sport c’est notre Roman d’Aventures à 10 sous.  On le sait que c’est niaiseux, que c’est vulgaire, mais on ne peut s’en passer…

Le Derby de la 401 (première manche) : avoir la gueule de bois.

Bummer.

Nous étions assis mon père et moi dans le stade Saputo rempli  à craquer, salle comble, une mer de bleu sous un ciel bleu, sans nuages, un ciel grec comme l’a dit mon paternel. 1878611309_12a9c29ed2_o

Les Ultras enthousiastes, la foule de bonne humeur et une équipe confiante, revigorée d’une remontée lors du match précédent sur la route. Nous étions premier dans l’Est et on n’allait pas se faire marcher dessus par les Clowns, pas chez nous, pas dans notre stade.

Et pourtant, l’Impact a perdu 2-0… Le Toronto FC a joué au-dessus de sa tête, parfait, le meilleur match en deux ans selon leur entraineur, et l’arbitrage était pourri…disons inconstant, c’est les aléas de la MLS.

Le Bleu-Blanc-Noir a relativement bien joué, il aurait battu la plupart des équipes avec sa performance, mais le TFC avait l’instinct du tueur, l’oeil du Tigre et l’Impact a cru que seule la supériorité technique viendrait à bout de ces grands bonshommes rouges tant haïs…

À voir le match, j’étais confiant. En première demie, Toronto a eu un penalty, l’Impact avait eu de bonnes chances. En début de deuxième demie, on voyait que Toronto commençait à « manquer de gaz », que l’impact pouvait créer l’égalité et reprendre le contrôle de la partie.  Mais non, Toronto n’a pas paniqué, ils étaient en mission, ils voulaient faire payer le défaite lors des Séries éliminatoires; et pour ce faire, ils ont puisé dans leurs réserves, ont réussi à éteindre le jeu des Montréalais et saisir l’opportunité lorsqu’elle s’est présentée à eux. Après le deuxième but de Giovinco, tout le monde à été assommé, c’était fini. Jamais le grand George St-Pierre n’aura à sonner la cloche. Amère défaite, on est tous sortis déprimés du Stade. Perdre c’est moche; perdre contre Toronto, ça fout le cafard.

Bummer.

Lueur d’espoir… toutefois, à la fin du match on a eu droit à un épisode de brasse-camarade en avant du but, digne d’un match de hockey… ça sentait la rivalité à plein nez.   Déjà on préparait le prochain match.

En revenant à la maison, en écoutant l’après-match, Evan Bush, le gardien de l’Impact, avait bien résumé les lacunes de l’Impact lors de la rencontre… « on les a trop respectés ».  L’Impact n’a pas voulu se salir et n’a voulu souffrir pour la victoire. Avec trois matchs en 8 jours, peut-être que cela est rationnellement explicable, mais ils ont souffert pareil, avec un arbitrage à sévérité variable, les joueurs du Toronto FC ont carrément marché dessus les montréalais qui ont souffert quand même, se permettant également un coup vicieux à l’endroit de Didier Drogba en fin de partie, alors qu’il n’y avait aucun risque de perdre le match.

L’entraineur, Mauro Biello, a déclaré que l’équipe avait beaucoup à apprendre de cette défaite. Apprendre que dans la MLS, on aime le style MLS, c’est à dire, qu’on privilégie la rudesse des joueurs « locaux » au talent des joueurs étrangers; apprendre que pour gagner contre le TFC, il faut être prêt à aller à la guerre; apprendre aussi, que perdre contre Toronto c’est déprimant, et qu’on se fout bien qu’ils gagnent tous les matchs après… Perdre contre Toronto, ça reste en mémoire, ça fait mal à l’égo, ça entache une réputation de gagnants.

Bummer.

On se revoit au mois de juin, bandes de clowns.

 

La place de l’Impact dans la MLS…

Si j’étais la MLS quelle équipe voudrais-je voir en finale et remporter la MLS cup ?

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On ne mentira à personne, le nerf de la guerre dans le sport professionnel sont les droits de télévision et les « gros marchés » entrainent une plus grande visibilité non seulement à l’intérieur de la ligue, mais aussi à l’extérieur de celle-ci.  Par exemple dans le contexte de la LNH, une finale de la coupe Stanley opposant les NY Rangers et les Blackhawks de Chicago ferait beaucoup plus plaisir à Gary Bettman qu’une entre les Prédateurs de Nashville et les Panthers de la Floride…

Mais le sport professionnel c’est aussi un show, on n’attire pas les téléspectateurs et on ne remplit les stades qu’avec de franches et amicales joutes sportives. On suit une équipe et on se présente aux matchs pour se faire émerveiller, pour voir quelque chose d’inattendu, pour voir nos joueurs surmonter l’adversité, faire taire les détracteurs, intensifier des rivalités historiques… vivre des émotions fortes quoi. Au-delà des exploits sportifs, ce que les gens veulent ce sont de belles histoires attendrissantes dans lesquelles on peut se projeter. C’est pour cela, par exemple, que Maurice Richard est la plus grande légende de l’histoire du Hockey, car il a réussi par son jeu à porter les aspirations de tout un peuple.  Le président de la ligue ne l’aimait peut-être pas beaucoup, mais il remplissait les arénas lorsqu’il passait.  La même chose est arrivée avec Jackie Robinson au baseball.  La grande majorité des propriétaires d’équipes des ligues majeures étaient des blancs racistes, mais lorsque les stades se sont remplis d’Afro-Américains, ils sont devenus tout bonnement plus ouverts à la diversité raciale.

Je ne crois pas qu’il y a de Maurice Richard ou de Jackie Robinson présentement dans la MLS (ni dans aucune autre ligue d’ailleurs), mais il n’est pas nécessaire d’avoir des monuments de l’histoire pour attirer l’attention et créer un engouement.  Comme je l’ai déjà mentionné, pour garder ses partisans et en gagner d’autres semaine après semaine, il faut une bonne histoire.  La MLS est une ligue en développement, les rivalités ne sont pas encore totalement formées, les superstars de la planète foot y viennent encore pour y vivre leur préretraite et les équipes sont pour la plupart composées d’un réservoir d’anciens joueurs du circuit universitaire américain compensant un manque d’habilité par un jeu plus physique.  La MLS est en quelque sorte une ligue de « col bleus » dont l’éthique de travail est irréprochable, mais qui manque un peu de panache.

Pour la MLS, le marché de Montréal a un très bon potentiel, même si sa valeur est sous la moyenne de la ligue (128 M$ sur 157 M$ en moyenne en 2015).  Cela est surtout dû au niveau de développement peu avancé de la ligue, certaines équipes tirent cette moyenne vers le haut, tandis que d’autres n’ont pas encore pris leur place dans leur marché… On peut prévoir que d’ici 5 à 10 ans que les « grosses équipes » comme les Sounders ou le L.A. Galaxy pourraient valoir près de 400 millions, le Toronto FC de 250 millions, l’Impact en tirant son épingle du jeu pourrait s’y approcher, s’il arrive définitivement à gober une partie de la couverture du très surmédiatisé Canadien de Montréal qui peut vivre très bien avec quelques parts en moins.

Bon, la « recette du succès » serait alors un gros marché, une belle histoire, et du panache… Vous me voyez venir…

Il ne serait pas trop faux d’avancer que l’Impact est un peu le mouton noir de la ligue. L’équipe a un peu de difficulté à s’intégrer « philosophiquement » dans la MLS, les changements d’entraineurs des dernières années le démontrent assez bien.  À son arrivée dans la MLS, l’organisation avait cru bon de prendre un pur produit de la ligue, Jesse Marsch, afin de mieux s’y intégrer.  Pourtant, les différences de vision sur la direction que devait prendre l’équipe et le caractère bouillant du propriétaire  ont eu raison du poste de monsieur Marsch.  Voyant que la « façon de faire MLS » n’avait pas fonctionné, on se tourna vers l’Europe, en engageant Marco Schällibaum, dont le style imposé aux joueurs plut instantanément aux supporters.  Malgré tout, le peu de profondeur, l’utilisation massive des joueurs vedettes qui en suivit, et encore une fois, des tensions avec le propriétaire, en plus de l’équipe de direction, fera quitter l’entraineur suisse qui ne resta guère plus longtemps que son prédécesseur.  On se retourna alors encore une fois vers la « filière MLS » en engageant Frank Klopas (le troisième en trois ans) qui malgré une belle aventure en ligue des champions de la CONCACAF a réussi à se mettre tout le monde dans région métropolitaine à dos.  Finalement, on placera l’assistant-entraîneur  et ancien joueur de l’Impact, Mauro Biello au poste d’entraîneur par intérim qui avec l’aide de Didier Drogba, a réussi à sauver la saison de l’Impact. On peut même déceler une constante dans les trop fréquents changements d’entraineurs, dans l’utilisation du capitaine Patrice Bernier. Tous sans exception, ont sous-estimé le joueur, pour finalement (sauf pour Klopas) voir en lui ses qualités et lui donner la place qui lui revenait.  Ces entraineurs n’appréciaient pas le jeu défensif de Bernier, pendant que tout le monde dans les estrades ne comprenait pas où se trouvait le problème. Alors que la MLS s’attendait qu’on reprenne un autre entraineur dans leur cour, tout le monde savait à Montréal qu’on avait enfin trouvé  « le bon ».  Outre Bernier, l’effet Biello a réussi à ressusciter de nombreux joueurs dont le jeu avait été éteint sous Klopas.  Pour beaucoup d’observateurs de la MLS, l’Impact de Montréal reste un mystère enrobé dans une énigme, ce qui n’est pas pour déplaire dans cette suite de matchs génériques qui leur sont souvent présentés.

Car l’Impact ne manque pas de faire parler d’elle, par sa finale en ligue des Champions de la CONCACAF, l’arrivée de Didier Drogba, l’incroyable rivalité contre Toronto, la saga de la situation Didier Drogba durant la pause estivale, sans compter tous les autres innombrables drames depuis leur arrivée dans la MLS (et même avant)… l’équipe attire déjà les yeux du monde sur elle. Et en plus, celle-ci joue mieux lorsqu’elle reçoit (et génère) toute cette attention.

Car le roman risque de se continuer lors de la prochaine saison, le passage de Didier Drogba sera-t-il une histoire de rédemption ou une tragédie laissant un goût amer aux partisans ? Patrice Bernier terminera-t-il sa carrière dans la gloire ? Mauro Biello démontera-t-il qu’il a tout ce qu’il faut pour diriger dans la MLS ? Salazar fera-t-il regretter tous les recruteurs de ne pas l’avoir repêché en première ronde ? Cameron Porter est-il l’homme d’un seul miracle ? Ciman et Donadel sauront-ils conserver leur sang-froid ?   Les femmes de joueurs vont-elles s’en prendre aux dirigeants sur Facebook ? Le chemin à parcourir pour décrocher les plus grands honneurs sera long et ardu, et si on se fie au passé, il risque d’y avoir de nombreux rebondissements.  Mais si le passé de l’Impact nous a appris quelque chose, est que cette organisation est une des plus résilientes qui soit et qu’une crise pouvant démolir la saison de n’importe quelle autre équipe de la MLS est un mardi comme les autres au bureau pour l’Impact.

Et en fin de semaine une autre saison commence… et encore une fois les partisans risquent d’en avoir pour leur argent, pour des bonnes et moins bonnes raisons…

Mais comme une bonne histoire fait vendre, la MLS aurait tout à gagner à voir le Bleu-Blanc-Noir aller jusqu’au bout…

En tout cas, on ne s’ennuiera pas, ça c’est sûr !

 

Ma Tuque Magique des Jets de New York…

Et oui, je suis l’heureux propriétaire d’une tuque laide des Jets de New York qui m’a coûté le faramineux prix de… 6,00 $.  Pourquoi, j’ai une Tuque laide des Jets de New York à 6 $, et bien c’était l’item le moins cher que je pouvais prendre pour avoir un livraison gratuite, alors que je commandais une belle casquette des Expos.

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Alors ma Tuque traîne dans mon appartement où plein de choses traînent et alors que j’allume ma nouvelle TV, je redécouvre le Football de la NFL le dimanche après-midi…  les Jets jouent contre les Giants et ils s’en vont en prolongation ! Alors, je rigole et je mets ma tuque pour encourager les Jets (même si je prenais pour les Giants dans leurs 2 victoires au Superbowl contre Satan les Patriots)…  les Jets font un placement… mais les Giants répliquent, s’approchent  de la zone des buts pour tenter un à leur tour… Et là, je me dis : « les Giants ne réussiront pas, car ma Tuque magique va les en empêcher »… vous savez quoi ? Le botteur a manqué son placement de genre 11 verges, un miracle, je vous dis ! Tout ça grâce à ma tuque magique (et oui !).

Comme on est dimanche, un autre match suit, Les Patriots affrontent les Eagles qui supposément n’ont aucune chance… alors je me dis « je garde la tuque, car… Fuck les Patriots ! Go Jets ! »… vous savez quoi ? Les Eagles ont bitchslappé Tom Brady et sa bande 5035-28 ! Les Banwagonners de supposés fans des Pats vont me dire : « ben là, l’gros Gronk y’était blessé »… Non je vous dis, la tuque… la tuque magique des Jets a fait a son oeuvre !

La saison de Jets a viré de bord depuis que je suis propriétaire de cette tuque… Mais bon, je ne suis pas la NFL très intensément…c’est plutôt un bruit de fond de mes dimanches après-midi, alors que je révise du  Spinoza pour me détendre… Sauf que, dimanche passé c’était différent… J’ouvre la télé et là… les Jets affrontent les Patriots ! Oh Shit, je me dis ! Vous pouvez croire que j’ai enfoncé ma Tuque solide sur ma caboche… Ça allait bien pour les Jets, mais devant de tels disciples du côté obscur de la force, je me devais d’invoquer des esprits si puissants que même les maléfiques subterfuges de Bill Bellichik ne pourraient faire effet… C’est alors que je me suis mis à écouter non-stop Enter the Wu-Tang – The 36 chambers…  Ze Album !  Les Pats n’y pouvaient rien… euh..rien… sauf vers la fin du match où ils ont fait une remontée pour créer l’égalité, mais c’était à cause que je suis allé voir le nouveau matériel du mythique groupe de Rap, l’univers ne voulait entendre que les vieux succès…

Je vous jure que résonnais dans mes oreilles « Wu-Tang Clan ain’t notin’ to Fuck wit… » lorsque les Patriots se sont fourvoyés alors du tirage au sort et ont dû botter le ballon aux Jets qui n’en demandait pas tant… La Tuque magique amplifiée par le pouvoir de Wu-Tang embrouillant l’esprit des joueurs de la Nouvelle-Angleterre. Ensuite, 4 jeux faciles, touchés des Jets, victoire de 26-20 !

La Foi du Partisan

Vous savez, il y a des clubs dont on ne choisit pas de devenir des partisans, ce sont eux qui nous choisissent. Durant toutes ces années, je n’ai jamais eux de clubs dans la NFL, j’ai butiné d’un club à l’autre sans trop de ferveur… Je prenais même pour les Pats, au début, avant que j’apprenne que ce sont tous de sales tricheurs.

Je crois que le destin m’a amené au Jets. Ouf !  Que de rêves brisés et de moment de douleurs à l’horizon.  Car les Jets ne sont pas comme les Jaguars, où ont s’attend à ce qu’ils perdent lamentablement… où comme les Chiefs ou les Panthers qui finissent par avoir des regains de vie pour redonner espoir à leurs fans.  Les Jets sont abonnés au « moyen-mauvais »… à la mince lueur d’espoir, ils finissent par décevoir… Et personne ne croient en eux, c’est en quelque sorte le running gag de la NFL… Prendre pour les Jets, c’est avoir Foi en l’impossible.

Mais les Jets ont déjà réussi l’impossible et ce sont même eux qui ont changé l’Histoire de la NFL à tout jamais.  Car voyez-vous apparent le football professionnel aux États-Unis comprenait deux ligues la NFL, digne monument à la tradition qui jouait à la télévision en noir et blanc, face à  la jeune et fougueuse AFL qui elle était en couleurs… La NFL c’était la ligue des vieux et des joueurs robustes qui faisait des courses de 5 verges dans la boue; la AFL était plutôt la ligue avec pleins de joueurs noirs faisaient des passes de 45 verges, des jeux truqués et des retours de bottés de 102 verges.  Pour départager les deux ligues (et faire en même temps un gros paquet d’Argent) ont avait créé le Superbowl où devait s’affronter les champions des deux ligues.  Tous les experts voyaient en la AFL un ligue inférieure, et les des 2 premiers Superbowl leurs avaient donné raison.  Tous prévoyaient également un résultat similaire lors du Superbowl III où devaient s’affronter les puissants Colts de Baltimore aux Jets de New York.  Pour vous dire, on s’attendait tellement à ce que les Colts gagnent que les preneurs aux livres avaient mis les Colts gagnant par 18 points ! Frustrés de se voir ainsi négligé par tout le monde, le quart des Jets, Joe Namath, a garanti la victoire de son équipe trois jours avant le match…

Les Jets ont remporté le Superbowl III 16-7, le seul qu’ils aient jamais gagné. Les deux ligues fusionneront deux ans plus tard, maintenant que tous sont convaincus de la parité entre celles-ci. Grâce à cette victoire des Jets, la tradition du Superbowl est enclenchée… Un seul Superbowl, rien que cela, mais ce fut le plus important, celui dont tout le monde parle et dont on parlera encore dans 100 ans…