L’Impact : changement d’identité

Les personnes nées à l’an 2000 ont 18 ans cette année.  Ces enfants qui deviennent des adultes n’ont aucune attache dans le dernier millénaire ou dans le vingtième siècle. Ceux étant né en 1993, l’année de la dernière conquête de la Stanley du Canadien, auront 25 ans, le même âge que l’Impact de Montréal.

Pour ces jeunes, le club de soccer montréalais est aussi vieux que le Canadien, les Alouettes, l’Université McGill, l’Hôtel de Ville ou le Stade olympique.  Pour eux, les affiches des magasins ont toujours été en français, le Plateau toujours habité par des Français qui paient leur loyer trop cher, les restaurants toujours reconnus comme extraordinaires, la scène musicale comme étant une des plus cool au monde et que les cônes oranges sont une normalité dans notre paysage urbain.

Il en a fait du chemin l’Impact depuis un quart de siècle, depuis le Centre Claude-Robillard, les années de misère… On a vu un miracle en Ligue des Champions, l’arrivée de Drogba, une demi-finale de l’Est devant plus de 61 000 spectateurs; et puis l’année dernière, un retour forcé à la réalité…

Et puis 2018, une nouvelle ère avec l’arrivée de Rémi Garde. Pour le club, il ne s’agit pas uniquement de l’embauche d’un entraîneur de haut niveau, mais également de son arrivée à maturité.  Pour les dirigeants, cela signifie deux choses : premièrement, que l’équipe n’est plus le jouet de passionnés dévoués à la cause, mais aussi de l’acceptation du véritable rôle sportif et social de l’Impact tant au sein de la ligue que de la nation québécoise.

Excellence comme nécessité

Même si cela me rend nauséeux de l’écrire, nous devons remercier le Toronto FC d’en être arrivé là. Il s’agit non seulement de la meilleure rivalité du sport montréalais (même de la MLS), mais également d’une cible que le club doit non seulement atteindre, mais également dépasser.  La grande différence entre la grande majorité des rivalités sportives est que celle entre Montréal et Toronto est également une bataille de styles, de philosophies et surtout d’identités.

Si le Toronto FC domine, c’est avant tout grâce à l’argent. Pendant neuf ans, le TFC a essayé d’avoir une équipe sympathique avec des joueurs locaux et ils étaient exécrables. Le conglomérat de millionnaires qui possède le club a décidé de jeter l’argent par les fenêtres, afin d’avoir une équipe pouvant accéder aux grands honneurs. Il ne faut pas croire pour autant que Toronto a « acheté un championnat ».  Il fallut trois ans pour mettre cette formidable machine de soccer à point, jusqu’à l’année dernière où le club a remporté le Championnat Canadien, la saison régulière et la MLS Cup. Jamais dans la ligue on n’avait vu une réussite aussi fracassante.

Même si l’équipe a toujours été un peu à part des autres, cette année, l’Impact a décidé d’assumer ses différences et d’en faire des avantages.  Comme les grands chefs montréalais, pour se démarquer, il faudra se tourner vers les produits du terroir.  Contrairement au hockey, il n’y a pas de tradition au soccer; il faudra donc tout inventer, accompagné d’une aide extérieure pour se former une identité qui nous est propre.  Et une tradition d’excellence peut se construire assez rapidement, regarder comment le Football universitaire québécois, autrefois moribond, est devenu le meilleur système au Canada.

Cette année l’Impact a arrêté de vouloir faire plaisir à la ligue et au système américain. Pour le meilleur et pour le pire, le Bleu-Blanc-Noir fera à sa façon, avec ses joueurs. On l’a d’ailleurs démontré lors du dernier repêchage, où l’équipe technique a préféré échanger ses choix pour le l’argent, car elle faisait plus confiance aux produits de l’Académie que ceux de la NCAA. Cela n’envoie pas uniquement un message aux jeunes de l’Académie, mais tous ceux qui s’exercent, en ce moment sur les terrains du Québec. Plus précisément que le club va leur laisser une place, qu’ils pourront faire partie d’un projet où ils auront un rôle majeur à jouer. L’impact a compris une évidence que les autres équipes montréalaises ont oublié : que les produits locaux ne servent pas uniquement à vendre des billets , mais qu’ils peuvent contribuer aux succès de l’équipe.

L’Impact possède un avantage avec son Académie, celle d’avoir un bassin intéressant de joueurs locaux et de ne pas en échapper ainsi au profit d’autres équipes.  Elle pourra devenir alors le véritable reflet du talent québécois, talent qui possédera déjà une loyauté au club qui l’a formé et dont les supporteurs connaîtront déjà le potentiel.  Le parcours sera sûrement long et difficile, mais cela paraît être la meilleure direction à suivre.

Un Montréal renouvelé 

Imaginez tous ces jeunes pour qui l’Impact est aussi vieux que le mont Royal ou le Smoked Meat de chez Schwartz’s, pour qui son allégeance va-t-elle pencher? Sûrement pour le club qui reflète le plus son identité, pour qui des gens lui ressemblant participent au succès du groupe. Le Québec d’il y a 25 ans est déjà vieux, enfermé dans un autre siècle, un autre millénaire… Il est temps de regarder vers l’avant, de se reconstruire, de comprendre ce qui nous distingue, ce qui nous rend uniques, ce qui peut faire de nous les meilleurs.

La population montréalaise change non seulement au niveau démographique, mais également à celui des valeurs et des habitudes de vie.  La dernière élection l’a clairement démontré, où les événements à grand déploiement et les promesses du retour des Expos n’ont pas recueilli l’adhésion escomptée.  Les électeurs ont fait fi des souhaits de l’établissement pour élire une administration proposant des idées plus près des intérêts des citoyens.

Pour bon nombre de Québécois, le retour des Expos fait rêver, mais pour les plus jeunes et les nouveaux arrivants les Expos c’est déjà de l’histoire ancienne, c’est un vestige du passé, de la nostalgie. Je ne suis pas contre le retour du baseball majeur dans la métropole, mais mettre autant l’emphase sur ce projet démontrait une déconnexion avec l’électorat. Cela indique également que Montréal se distance du reste du Québec, du moins qu’il essaie de l’emmener dans une autre direction. Pas étonnant que la nouvelle mairesse soit une grande fan de l’Impact, elle est le reflet de nouvelle cohorte de Montréalais qui ne rêvent plus d’une maison en banlieue, d’un beau gazon vert et d’une piscine hors terre.

Cela explique peut-être la réticence de certains qui voient encore le soccer comme un « sport d’immigrants ».  L’Impact s’est développé parallèlement à cette nouvelle génération de Montréalais après le référendum de 1995, loin des divisions traditionnelles, parlant français en plus d’une ou plusieurs autres langues, habitué à la différence, vivant l’effervescence et la solitude de la grande ville. Cette grande ville toutefois plus habituée aux chocs des idées qu’à l’unanimisme de petit village, si différente du reste du Québec, encore plus du reste du Canada, Montréal est devenue une autre façon de représenter le Québec.  Pendant qu’ailleurs on rejette, ici on accepte… À Montréal, l’avenir fait moins peur.

Accepter le changement

Pour beaucoup, accepter l’Impact c’est accepter beaucoup trop de choses pouvant leur déplaire. Accepter que les plus jeunes connaissent plus ce sport qu’eux, accepter une nouvelle culture sportive où se retrouvent des supporteurs et des joueurs de tous horizons.  Soutenir l’Impact, c’est également accepter que le Québec change, et pour certains, il s’agit d’un choix trop difficile à faire.

Combien de championnats aura l’Impact dans 25 ans? Nul ne le sait, mais l’équipe pourrait bien devenir le véritable symbole d’un peuple en pleine quête identitaire. Si le Bleu-Blanc-Noir peut montrer la voie aux autres équipes sportives montréalaises, cela ne peut être que bénéfique à notre société. Car depuis trop longtemps les vieilles façons ne fonctionnent plus et il est grand temps que l’on retrouve le chemin de la victoire… dans le sport comme ailleurs.

Pourquoi tu ne viens pas nous voir?

Le hockey est fini, pourtant on en parle encore. L’année dernière nous étions plus de 61 000 dans le Stade Saputo pour la finale de l’Est, et là on n’est même pas capable de remplir le Stade Saputo.

Les gens semblent toutefois intéressés, mais il y a comme un blocage dans l’ensemble de la société, comme si une force mystérieuse les empêchait d’assister à un match de soccer… Pour beaucoup, l’Impact reste un corps étranger, une curiosité liée seulement aux Québécois issus de l’immigration.  Pourtant, la fleur de lys sur le maillot bleu azur n’est-elle pas assez grande?

Toutes les personnes qui sont allées ont adoré leur expérience, mais il y allé de leur chef, sans y être invités, semble encore difficile. Pour la majorité, l’Impact semble être un club d’initiés, comme peut l’être un café italien ou un bar de hipsters. Et même si l’Impact démontre un pouvoir d’attraction sur les plus jeunes, ce sont les plus vieux qui possèdent les dollars. C’est clair, l’identification à l’équipe n’est pas chose naturelle pour une très grande portion de la population.

Mais sérieusement, vous voulez quoi? Les meilleurs joueurs, même les étrangers, parlent français. Cela sans compter sur les entraineurs, le personnel technique, l’administration, le propriétaire… On n’est pas en déficit de Québécois et de francophones.

Le Canadien n’a malheureusement pas d’académie et d’autres pays francophones pour aller chercher ses joueurs. C’est normal qu’à travers le temps avec l’ajout de joueurs étrangers dans la ligue nationale, la portée symbolique des matchs diminue. Chose qui est tout le contraire pour le Bleu-Blanc-Noir, car tu peux trouver que les noms de famille de certains joueurs ne fassent pas assez « de souche » à ton goût, ailleurs dans la ligue on ne fait pas cette différence, c’est tous des « french frogs ».

Pas pour rien, que l’équipe montréalaise à cette attitude de « nous contre le monde », partout dans la ligue, quoique tout de même appréciée, la différence frappe. Mais où le conflit prend tout son sens, c’est évidemment contre le Toronto FC, cette équipe anglophone dominée par un  conglomérat anonyme qui s’achète les championnats. Infâmes ennemis en rouge, le même dans l’imaginaire collectif que celui sur les Plaines d’Abraham et les perdants, étrangement, portent le même emblème.

La plus grande rivalité de la MLS c’est Toronto contre Montréal, et pendant que le BMO Field se remplit, toi tu restes chez vous. T’as peur de quoi? D’avoir du fun… Partout dans le monde, on regarde le match TFC contre Montréal, et partout, Toronto c’est le méchant.  Partout, au fond d’eux-mêmes, les amateurs de foot prennent pour l’Impact, sauf toi… Tu penses sûrement à l’alignement du Canadien, dommage t’as manqué quelque chose…

Ernest Renan disait que les nations se forgent plus dans les tragédies que dans les triomphes et ce n’est pas les tragédies qui manquent dans la courte histoire de l’Impact… Au-delà, des défaites crève-coeur en ligue des champions, en série ou en championnat canadien, l’Impact a le don de perdre avec autant de panache qu’elle gagne… On sort la plupart du temps d’une partie un peu ébranlé…

Ça doit tout de même être plus compliqué d’être un joueur de l’impact, il ne faut pas seulement être bon, il y a une mission à porter. Parce que même si elle ne veut pas l’avouer, elle est la seule qui représente une entité nationale. Au-delà de la politique et des conflits qui font de nous ce que nous sommes, toute équipe majeure qui s’installe à Montréal devient essentiellement plus qu’une équipe. Le sport est un langage. Avec l’Impact, on converse non seulement avec le monde, mais également avec le Québec en entier.  De voir, ces joueurs d’origines diverses travailler ensemble et réaliser de grandes choses, ça envoie un message qui a une grande signification dans une collectivité qui tend de plus en plus à se diviser. Dans le fond, c’est peut-être ça qui te dérange…

C’est quoi être un Québécois au juste? Une langue, des valeurs, une histoire ou une culture commune? Oui, mais non…

Un Québécois c’est quelqu’un qui au-delà de son intérêt personnel, porte la responsabilité historique d’un peuple qui a réussi à survivre et qui continuera d’exister dans les années à venir. Pas besoin d’être l’illustre ancêtre d’un soldat du régiment Carignan-Salière et d’une Fille du Roy pour ça.

Faudrait que tu comprennes que l’Impact est le meilleur porte-étendard, de nos rêves et nos aspirations collectives, sur la planète.  C’est une fenêtre sur le monde, un monde qui peut comprendre par le langage universel du soccer, ce qui nous anime, et surtout ce qui nous rend distincts, ce qui nous permet une fois de temps en temps d’être quelque chose comme une grande équipe, comme un grand peuple…

Mes vacances « baseball » cet été

Cet été, j’ai réalisé un rêve un peu fou et très particulier.  J’avais depuis longtemps l’idée de parcourir le Québec régional dans le but de visiter ses microbrasseries et assister à des matchs de baseball qui y survit encore.

Le baseball peut aussi être un bon prétexte pour visiter le Québec et de sortir des sentiers battus.  Nous ça été la bière, mais il y a des artisans, des restaurants, des musées, des campings, des sentiers de VTT, ou des pistes cyclables un peu partout, ce n’est pas les activités qui manquent.

Mon périple a commencé en quelque sorte avec un match de l’Impact la veille de ma « tournée », et quel match ! Un tour du chapeau de Drogba, Patti qui tricote de bas et sert des tasses de café à l’équipe adverse toute la soirée, en plus de Mancosu qui marque à sa présence avec le club montréalais… Avec les ultras en feu, le Stade Saputo a failli exploser.

Alors avec toute cette émotion, je me suis couché tard, pour partir au petit matin pour un match de baseball de la ligue Can-Am au Stade Municipal de Québec en après-midi.  Je m’attendais a un peu plus d’un match entre les Capitales et les Aigles de Trois-Rivières.  Les visiteurs l’ont emporté 4-1 sur des erreurs…

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Match Aigles de Trois-Rivières @ Capitales de Québec

La première impression que j’ai eu au match des Capitales de Québec, c’est la quasi-absence de minorités visibles dans les estrades.  Pour le gars de Villeray, ce genre d’environnement est toujours un peu déconcertant…

On a été moins chanceux à Trois-Rivières, le match a été reporté pour cause de pluie.  On a fait un peu de visite, on a bu beaucoup plus que prévu. (NDLR : Finalement, on a pu utiliser nos billets pour un match durant la fin de semaine de la fête du Travail, on a eu droit a un match de fou où les Aigles l’ont emporté 10-9 en dixième manches).

Après un arrêt à Magog, nous sommes allés voir deux matchs à Coaticook et à Sherbrooke.  Je peux vous certifier que le baseball dans les Cantons-de-l’Est, c’est sérieux. Le stade à Coaticook est assez surprenant pour une « petite ville »; celui à Sherbrooke est un peu moins beau, mais on y compense largement par l’ambiance et l’organisation.  Bref, on a eu bien du fun.

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Stade Municipal de Québec

Au baseball, comparativement aux autres sports, le niveau de jeu n’a aucune influence sur mon appréciation du spectacle.  J’aime le soccer, j’adore l’Impact, mais je ne crois pas que j’aurais beaucoup de plaisir à regarder un match de semi-pro avec le même plaisir.  Lorsqu’on passe dans un parc où il y a un match de baseball, il est plus que fréquent qu’on arrête pour regarder. C’est un sport qui « impose » la pause, qui fait arrêter le temps, ce que les gens ne font pas dorénavant assez…

Le meilleur moyen de perdre 3 à 4 heures dans une journée, car aller un voir « une game de balle », il faut accepter de perdre son temps. C’est prendre une pause avec le rythme effréné de la vie moderne. C’est aussi un acte de Foi, car on sait lorsque ça commence, mais on ne sait jamais lorsque ça va finir.  Regarder du baseball, c’est plus anticiper le dénouement du jeu, que le jeu lui-même. La beauté de ce sport réside plus dans l’imprévu, l’inespérée, la différence étant toujours faite lorsqu’un des joueurs effectue une action considérée au-delà de ses capacités.

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Match Cactus de Victoriaville @ Expos de Sherbrooke, Stade Amédée-Roy

Certains en visite aux États-Unis vont voir des parties des ligues majeures comme si c’était quelque chose d’exotique, comme je l’ai déjà fait au Wrigley Field à Chicago.  Pour beaucoup, le baseball ne fait déjà plus partie de nous, mais les Québécois jouent au baseball depuis plus d’un siècle.  Le baseball, c’est un élément de notre héritage, de notre identité.

 

Toutefois, le manque de leadership des Expos d’emmener des Québécois dans les ligues majeures, de prendre prendre possession véritablement de ce sport, de donner aux jeunes athlètes québécois un autre domaine où ils pouvaient exceller, peut expliquer que ce détachement fut aussi facile ces dernières années.

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Stade Expos de Sherbrooke @ Big Bill de Coaticook, Stade Julien-Morin

Aller voir un match de baseball en Région, c’est un peu comme assister à une assemblée de comté du PQ, beaucoup de têtes blanches, pas beaucoup d’immigrants, une poignée de fanatiques et deux-trois touristes… Le baseball est devenu en quelque sorte un acte de survivance et du même coup une réaction à de profonds changements qui bouleversent la société québécoise.  C’est un lien avec un passé qui s’efface tranquillement…

Il faut arrêter de croire que le « retour du baseball » passe par un retour des Expos. Avant 1968, les terrains de baseball étaient remplis partout sur le territoire du Québec, les joueurs québécois dans les ligues majeures étaient tout aussi rares et personne ne semblait s’en soucier.

C’est pourquoi je crois qu’il faudrait une équipe sénior ou Can-Am, plus près du centre-ville (sur le Plateau ou quelque chose du genre) et il faudrait même la présence de ces équipes de niveau « inférieur » à Montréal, même si les Expos revenaient s’installer dans la Métropole. Premièrement, cela donnerait accès à un niveau supérieur aux joueurs québécois et montréalais. Ensuite, permettrait à certains quartiers de renforcer leur sentiment d’appartenance, en ayant un lieu de rencontre.  Car, il y a toujours de la place au baseball et le baseball accueille tout le monde, c’est le plus démocratique des sports. Les bons joueurs sont ceux qui réussissent un coup sûr environ, 3 fois sur 10. On célèbre en quelque sorte les moins pires plutôt que les meilleurs, tout le monde peut s’identifier à ce genre d’athlètes.  C’est pourquoi je crois que le plan d’action de la Ville de Montréal pour le baseball est une bonne chose, il était temps qu’on réinvestisse un peu dans ce sport oublié. Expos ou pas Expos, je crois que cela ne peut être que bénéfique pour les jeunes, nos infrastructures sportives, et l’augmentation de l’activité physique.

Il serait temps de gagner… pour vrai.

montreal_impact_mls_logoCher Impact de Montréal,

Tout au long de l’année, on a attendu ce point tournant, ce moment qui allait dévoilé la grande équipe promise depuis la fin de l’année dernière.  Tout ce qui est arrivé cependant depuis de la saison 2016, c’est qu’on a échangé constamment  notre perception de la saison entre celle du verre à moitié plein et celle du verre à moitié vide. Tout est à demie teinte : un début de saison fracassant suivie de nulles à répétitions, les blessures, les joueurs qui quittent et ceux qui reviennent.  On a repris espoir avec une immense victoire à la maison contre Philadelphie, peu après une défaite horrible contre Chicago, pour être témoins ensuite un gain miraculeux à Toronto avec seulement 10 joueurs, pour s’effondrer encore une fois contre Orlando à la maison… Cette équipe n’a jamais su atteindre sa vitesse de croisière, jamais eu de momentum.

Sérieusement, ça vous prend quoi ? Car tout le monde sait que vous avez tous les ingrédients pour réussir.  Lorsque vous êtes en feu, rien ne peut vous arrêter, vous survolez la ligue, vous impressionnez, vous avez l’air de quelque chose comme une grande équipe. Malheureusement, vous sortez votre meilleur jeu seulement lorsque vous devez réagir aux événements, comme à Toronto par exemple. Il faut constamment vous secouer pour vous faire réagir. Vous êtes bons pour défendre votre honneur, mais l’instinct du tueur vous ne semblez pas l’avoir.

Et pourtant, ce n’est pas la motivation qui vous manque, la fenêtre d’opportunité n’a jamais été aussi belle.  Malgré tout, votre popularité augmente. Vous devez faire quelque correctement…

Vous oeuvrez dans une société en pleine mutation et en quête de repères, vous pourriez indiquer la voie au lieu de vous chercher match après match.  Vous devriez vous rendre compte un peu plus de la bouffée d’air frais que vous offrez dans le paysage montréalais, dominé par le trop convenu et contrôlant Canadien de Montréal qui présente un produit moyen à des vieux riches dépassés se contentant des succès d’une époque révolue.  Les bouffées d’air frais sont rares pour le Montréal multiethnique trop souvent caché par une version générique au teint aussi beige que ses propos. Et ceux qui osent briser cette hégémonie se  voient porter au pilori. L’unanime et immobile Québec semble pareil partout, surtout dans l’univers sportif où le gros rire gras du mononcle enterre tout langage coloré provenu d’ailleurs. Cette société tricotée serrée a délié ses liens depuis plus d’une décennie, et si de plus en plus de voix se fond entendre, le climat de suspicion, de démagogie et d’intolérance devient assez lourd à porter. Les gouvernements, eux, ont trop souvent remplacé les projets de société pour du mépris. Au Québec, la différence est un bruit de fond, un morceau de décors, elle n’est jamais présente à l’avant-scène.

Vous ne vous en rendez pas assez compte, mais vous montrez un visage que l’on ne montre pas (ou presque pas) au Québec. Celui d’une diversité décomplexée qui ne demande aucune permission pour accomplir de grandes choses.  De la ligue des Champions et des séries l’année dernière, à toutes les remontées folles et au match contre Toronto cette année. Chaque semaine vous gagnez des adeptes, conquis par l’ambiance exaltée du Stade Saputo.  On se demande encore pourquoi il y a autant de désarroi de votre côté ?

Il y a l’Histoire qui n’attend qu’à être écrite. L’Impact n’est peut-être pas l’équipe avec la plus grande valeur marchande, avec les plus grandes assistances ou le plus d’abonnements de saison; c’est qui est unique, c’est le contexte social dans lequel il s’inscrit qui va au-delà même du fait français en Amérique du Nord. C’est, peut-être malgré lui, le symbole d’une génération et d’une vision différente du Québec. Bref, si vous gagnez, ça veut dire plus qu’une simple victoire sportive. C’est aussi dire à tant de gens que l’espoir n’est jamais véritablement mort, que le triomphe existe, que l’histoire peut se terminer, qu’on peut tourner la page et commencer un nouveau chapitre.

 

 

Y’en aura pas de facile…

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… À première vue ça sonne bien en maudit, mais quand l’adversité te frappe en pleine gueule, t’aurais préféré que ton parcours de vie soit une jolie promenade dans les bois, pas l’escalade du mont Everest…

L’été s’annonçait radieux pour notre Impact national, mais la dernière fois qu’ils ont gagné, on avait nos tuques sur la tête, un foulard autour du coup et on roulait encore avec nos pneus d’hiver… On a encaissé les nulles, c’est des points en banque, mais avec la défaite à Orlando, la panique commence à s’installer…

Et puis, il y a un foutu Belge qui se blesse dans la vieille Europe et on apprend que Saint-Laurent de la Défense ira le remplacer à l’Euro… Catastrophe ! Le meilleur défenseur de la MLS absent pour un mois, dans une équipe qui se cherche encore… Une longue traversée du désert nous attend mes amis… Notre Foi sera mise à grande épreuve.

J’aimerais vous rappeler qu’on parle de l’Impact de Montréal… Que l’on qualifie comme étant « le meilleur show en Ville », mais l’Impact de Montréal ce n’est pas seulement une ambiance, du spectacle, c’est une suite ininterrompue de drames, de rebondissements et de controverses.  L’Impact de Montréal ce n’est pas juste un « le meilleur show en ville », c’est en fait le meilleur téléroman sur la planète.

Là haut dans les cieux, l’Impact à son propre Réjean Tremblay, son « gars des vues » céleste qui écrit sa saison, avec différents épisodes…des bons, des moins bons et une finale qui, espère-t-il, sera satisfaire les supporters, tout en leur donnant le goût d’être fidèle au poste la saison prochaine. Car si au niveau sportif ça laisse à désirer, au niveau narratif c’est de l’or en barre, c’est tout un show !

Après avoir casser la baraque avec deux victoires complètement folles, l’Impact avait réussi à se maintenir au classement dans l’Est avec des victoires en demi-teinte, après une défaite contre le Toronto FC, le Bleu-Blanc-Noir ne fait plus que des matchs nuls, certains étant carrément décevants, d’autres des morceaux d’anthologie. Partout, on cherche des causes, mais les blessures ont frappé l’équipe qui n’a jamais vraiment aligné un XI partant avec ses meilleurs effectifs dans la meilleure forme possible.

« On va à la guerre avec l’armée qu’on a, pas celle qu’on voudrait avoir » disait le vieux Rumsfeld avant le désastre de la deuxième invasion de l’Irak, mais en ce moment il y a autant de trous dans à boucher dans l’alignement de l’Impact que sur une rue de Montréal… c’est tout dire.

Faudra passer au travers, faudra affronter l’adversité, faudra se forger le caractère.  Comme l’a dit Piton Ruel : « y’en aura pas de facile ».

Vous vous souvenez 2015, le passage rédempteur en Ligue des Champions, le but expiatoire de Cameron Porter contre Pachuca dans les arrêts de jeux, les 60 000 personnes dans le Stade pour la finale crève-coeur contre Amèrica… là aussi un terrible creux de vague qui s’est terminé par le départ de Klopas et l’arrivée messianique de Didier Drogba. Une fin de saison grandiose et s’est terminée un peu abruptement en séries, l’équipe un peu vidée avait trébuchée contre Columbus… Mais tout le monde se disait : « en 2016, ça sera moins chaotique, on pourra se concentrer sur le championnat MLS, l’équipe sera mieux soudée, avec tous ces joueurs on va piétiner les adversaires un à un jusqu’à la coupe ». Déjà on plaçait nos chaises pliantes sur la Sainte-Catherine pour la parade… dur retour sur terre pour les Montréalais.

Dites-vous que tout ça, c’est arrangé avec « le gars des vues », et comment on écrit ça une « bonne vue » ? Tout d’abord, il faut accrocher le spectateur, le saisir, l’émerveiller dès le départ et surtout le lier émotionnellement avec le ou les personnages principaux. Ensuite, on vous montre qu’ils ont les capacités pour vaincre, pour vous faire douter quelques moments plus tard en mettant devant eux un obstacle insurmontable qui à la toute fin sera déjoué due aux qualités intrinsèques des héros. À moins que ce soit une tragédie, là c’est la même chose, mais ça finit mal et on sait tout au long que ça va mal finir… que tout est perdu… qu’on peut ne rien y faire. Alors la saison 2016, une fin heureuse ou malheureuse ?

On parle ici de la MLS qui malgré tous ses nombreux défauts, démontre une grande parité entre les différentes équipes qui la compose.  Portland, le champion 2015, avait gagné le match de barrage dans la conférence de l’ouest en fusillade, après que tous les joueurs des deux équipes aient passé, il fallut s’en remettre aux gardiens de but pour départager le gagnant. Qui aurait prédit une chose pareille, on se serait cru dans un film !

Tout est encore possible, du meilleur comme du pire… il faudra être patient et attendre jusqu’à la fin. Au moins, jusqu’à ici on ne peut pas dire que l’intrigue est mal ficelée, on a tous déjà hâte au prochain épisode. 😉

 

 

 

Gauchisssport change de nom…

Bonjour Groupe,

Gauchisssport change de nom, on le reconnaitra dorénavant sous le nom de « Dieu… et Réjean Tremblay ».

Mais pourquoi dites-vous ?

Voyez-vous le projet original s’est peu à peu transformé… et la portion gauchisss de moi-même à vite laissée toute la place à mon amour indéfectible pour le DRAMA Sportif. Et qui dit DRAMA sportif dit Réjean Tremblay ! 😀

C’est un flash un peu nono qui m’est apparu hier, en maugréant en voyant la liste des blessés de mon Bleu-Blanc-Noir chéri qui s’allongeait encore plus… Je me questionnais sur l’éventualité  de la fin de cette hécatombe, en relativisant « mais qui bien peu prévoir l’avenir de l’Impact mis à part Dieu… et Réjean Tremblay, bien sûr !

Car pourquoi regardons-nous du sport ? Pourquoi perdons-nous toutes ses heures précieuses de notre vie ? Mais pour voir l’improbable, l’impossible se réaliser… pour votre des héros nantirent sous nos yeux, des pêcheurs se repentir, des victimes être vengées et des menaces anéanties ! Qu’est-ce que le sport, sinon le plus grand Roman populaire de tous les temps?

Et qui dit divertissement populaire dit Réjean Tremblay, bien sûr ! Y a-t-il vraiment une différence entre une saison de Hockey et une de Lance et Compte ? Ne vivons pas les mêmes émotions, ne voulons-nous pas que nos héros réussissent, surtout face à l’adversité ? Ne nous désespérons pas devant les choix narratifs douteux de notre Réjean National aussi bien que des choix tactiques de Michel Therrien derrière le banc de nos Canadiens ?

Dans la grande comédie dramatique que sont nos vies, souvent trop mornes et ternes, le Sport c’est notre Roman d’Aventures à 10 sous.  On le sait que c’est niaiseux, que c’est vulgaire, mais on ne peut s’en passer…

Anachronique Canadien de Montréal

Disons que mon précédent billet sur le Canadien de Montréal était un peu trop émotionnel.  Disons qu’aujourd’hui, je ne suis pas encore prêt à les abandonner, mais je suis extrêmement déçu de la tangente que prend cette équipe depuis quelques années.Montreal_Canadiens

Avec les salaires qui ont augmenté exponentiellement depuis un quart de siècle, nos glorieux se sont grandement distanciés du public… sauf peut-être Carey Price que certains voient de temps à temps à l’épicerie…

On dit souvent que le Canadien de Montréal est « plus qu’une équipe », mais l’est-elle vraiment ? Car quelle est la mission de cette équipe ? Le Fait français ? Être le reflet d’un tout un peuple ?  Porter une histoire ? … Mais laquelle ?

Il n’y a plus beaucoup de francophones dans les « Flying Frenchmen », une équipe qui devrait pourtant donner aux francophones la chance d’oeuvrer dans l’Élite du hockey.  Oui, le Canadien a formé de nombreux entraineurs et directeur généraux, mais quel jeune rêve de devenir entraineur ou directeur-gérant ?  En ce qui concerne les joueurs, ils ne se contentent que du strict minimum, surtout que dorénavant ils ne restent pas plus que  4 saisons dans une équipe. Le « Merci Montréal » est loin d’être satisfaisant, surtout que pour la majorité de l’effectif du tricolore, il ne s’agit rien de moins qu’une simple politesse.  Partout ailleurs, un conservatisme angloconservateur est bien implanté, et pour les dinosaures du hockey le français est considéré comme une nuisance, un ajout inutile sur leurs boîtes de céréales.

Au Québec, l’immigrant et l’anglophone sont obligés d’apprendre le français pour occuper un emploi décent, ça serait la moindre des choses que les vedettes du Canadien en fasse de même.

Les « Canadiens » en 1909, faisaient référence aux Québécois francophones ou les Canadiens français… mais actuellement le terme canadien désignent plutôt les anglophones du Rest of Canada, tandis que le terme québécois désigne de plus en plus une pluralité d’individus…

Il n’a pas que le nom qui est anachronique, le logo, les couleurs, le chandail, démontre un attachement au passé, aux traditions et liens forts avec l’histoire. Tout cela, toutefois, semble trop pesant et nuit à l’innovation.

De quoi est composée la foule au Centre Bell ? Pour la plupart des soirs, de riches hommes d’affaires qui ont des billets de saison.  On laisse un espace aux moins fortunés dans les hauteurs de la zone Molson Ex pour paraître à la Plaine comme une bande d’ivrognes ignares et stupides.  Dans l’ensemble, un match du Canadien est un produit de luxe; le Centre Bell est un haut lieu de la société montréalaise.  Les pauvres, eux, iront regarder le match à la taverne; la classe moyenne s’abonnera au câble et restera dans son bungalow.

Le CH est pris un peu malgré lui dans l’engrenage de l’Histoire… Depuis quelques années, le Québec est séparé en deux.  Que ce soit entre les « carrés rouges » et les « carrés verts », les inclusifs et les identitaires, les solidaires et les lucides, il y a ceux qui poussent pour aller « plus vite » et ceux qui veulent que tous soit bien ordonnés.

Malgré les positions de chacun, il y a une vérité historique qui ne se dément pas : les vieux cons n’aiment pas trop le changement.  Et c’est pour ça que ces derniers préfèrent Pacioretty à PK Subban. En fait, ils veulent leur équipe comme avant, comme en 1976-77… Mais en 2016, le pays,la ligue et la ville ne sont plus les mêmes. Si le Canadien peut sembler être assez progressiste face au reste de la LNH, il semble l’être dorénavant moins pour le public montréalais qui commence à aller voir ailleurs.

Il ne pouvait y avoir pire moment pour le CH pour avoir une aussi mauvaise saison.  Ils ont ouvert la voie à l’impact qui ayant réussi à rapatrier Didier Drogba, n’en demandait pas tant. Le Canadien est pris avec ses vieux riches qui l’enrichissent, mais on voit poindre à l’horizon les difficultés à conserver captif les plus jeunes (18-34) qui n’attendent que le retour du printemps pour aller s’entasser dans le Stade Saputo.

L’attachement à une équipe professionnelle passe par l’identification. Et pour cela, il faut que les joueurs puissent être compris par les partisans, c’est une façon évidente de démontrer qu’ils sont partie prenante avec la communauté. Comme je l’ai écrit plus tôt, je ne suis pas encore prêt à les abandonner, mais je constate toutefois qu’on s’éloigne l’un l’autre et que bientôt, on ne pourrait plus avoir grand-chose en commun…

 

 

Le Derby de la 401 (première manche) : avoir la gueule de bois.

Bummer.

Nous étions assis mon père et moi dans le stade Saputo rempli  à craquer, salle comble, une mer de bleu sous un ciel bleu, sans nuages, un ciel grec comme l’a dit mon paternel. 1878611309_12a9c29ed2_o

Les Ultras enthousiastes, la foule de bonne humeur et une équipe confiante, revigorée d’une remontée lors du match précédent sur la route. Nous étions premier dans l’Est et on n’allait pas se faire marcher dessus par les Clowns, pas chez nous, pas dans notre stade.

Et pourtant, l’Impact a perdu 2-0… Le Toronto FC a joué au-dessus de sa tête, parfait, le meilleur match en deux ans selon leur entraineur, et l’arbitrage était pourri…disons inconstant, c’est les aléas de la MLS.

Le Bleu-Blanc-Noir a relativement bien joué, il aurait battu la plupart des équipes avec sa performance, mais le TFC avait l’instinct du tueur, l’oeil du Tigre et l’Impact a cru que seule la supériorité technique viendrait à bout de ces grands bonshommes rouges tant haïs…

À voir le match, j’étais confiant. En première demie, Toronto a eu un penalty, l’Impact avait eu de bonnes chances. En début de deuxième demie, on voyait que Toronto commençait à « manquer de gaz », que l’impact pouvait créer l’égalité et reprendre le contrôle de la partie.  Mais non, Toronto n’a pas paniqué, ils étaient en mission, ils voulaient faire payer le défaite lors des Séries éliminatoires; et pour ce faire, ils ont puisé dans leurs réserves, ont réussi à éteindre le jeu des Montréalais et saisir l’opportunité lorsqu’elle s’est présentée à eux. Après le deuxième but de Giovinco, tout le monde à été assommé, c’était fini. Jamais le grand George St-Pierre n’aura à sonner la cloche. Amère défaite, on est tous sortis déprimés du Stade. Perdre c’est moche; perdre contre Toronto, ça fout le cafard.

Bummer.

Lueur d’espoir… toutefois, à la fin du match on a eu droit à un épisode de brasse-camarade en avant du but, digne d’un match de hockey… ça sentait la rivalité à plein nez.   Déjà on préparait le prochain match.

En revenant à la maison, en écoutant l’après-match, Evan Bush, le gardien de l’Impact, avait bien résumé les lacunes de l’Impact lors de la rencontre… « on les a trop respectés ».  L’Impact n’a pas voulu se salir et n’a voulu souffrir pour la victoire. Avec trois matchs en 8 jours, peut-être que cela est rationnellement explicable, mais ils ont souffert pareil, avec un arbitrage à sévérité variable, les joueurs du Toronto FC ont carrément marché dessus les montréalais qui ont souffert quand même, se permettant également un coup vicieux à l’endroit de Didier Drogba en fin de partie, alors qu’il n’y avait aucun risque de perdre le match.

L’entraineur, Mauro Biello, a déclaré que l’équipe avait beaucoup à apprendre de cette défaite. Apprendre que dans la MLS, on aime le style MLS, c’est à dire, qu’on privilégie la rudesse des joueurs « locaux » au talent des joueurs étrangers; apprendre que pour gagner contre le TFC, il faut être prêt à aller à la guerre; apprendre aussi, que perdre contre Toronto c’est déprimant, et qu’on se fout bien qu’ils gagnent tous les matchs après… Perdre contre Toronto, ça reste en mémoire, ça fait mal à l’égo, ça entache une réputation de gagnants.

Bummer.

On se revoit au mois de juin, bandes de clowns.

 

Désolant Canadien de Montréal

Tout le monde sera d’accord avec l’affirmation que la dernière saison est « l’annus horribili » du Canadien de Montréal.

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Le Canadien est devenu une institution et c’est exactement ça le problème.  Comme toute bonne institution, elle perd de son désir d’innovation et  beaucoup d’énergie à faire une place à ses anciens, même s’ils sont incompétents…

Car le Canadien possède une culture du contrôle, avant celle de la victoire. En ne voulant que personne ne soit plus grand que l’équipe, l’organisation empêche les grands joueurs d’y jouer.  En fait, nos deux dernières grandes vedettes sont Patrick Roy et Carey Price, ce qui indique qu’il y a un problème de personnel depuis longtemps en avant du gardien de but.  Le contrôle immense du message fait penser au régime soviétique, avec tous ces journalistes soumis et dociles, offrant une couverture disproportionnée au spectacle et aux résultats offerts par l’équipe. Cette bande d’apparatchiks insignifiants considère les amateurs pour des imbéciles, ce qui semble malheureusement être le marché cible du club de hockey.

Même si j’aime bien Pacioretty en tant que joueur, le fait de le choisir comme capitaine avant PK Subban indique un manque de vision, de panache, et une tendance désastreuse à  privilégier l’effort avant le talent et même avant l’intelligence… C’est le triste chemin qu’a emprunté cette équipe depuis qu’elle s’est honteusement débarrassée de Guy Lafleur dans les années 1980.  À Montréal, on n’aime pas que certains volent la vedette au club, à la marque du Canadien de Montréal et à ce groupe d’anciens dépassés par le hockey moderne.

Les joueurs détestent PK et n’écoutent plus leur coach, tout ça sous les ordres d’un capitaine sans véritable leadership… Un groupe soudé qu’ils nous disent, un groupe soudé où les médiocres se protègent entre eux, ça ne donne pas grand-chose.

Le Canadien de Montréal est devenu une équipe de vieux cons, par des vieux cons et pour des vieux cons…  L’emblème de tout un peuple s’est transformé en une marque diluée, seul refuge des aliénés de notre époque. 23 ans sans coupe Stanley et les gens se régalent encore, il faut comprendre que tous ces vieux partisans sont rassasiés avec tous les grands exploits des années 50,60 et 70… Pourquoi alors changer la culture d’entreprise lorsque le Centre Bell est plein ? Si le boss est déçu par le club, il peut toujours donner ses billets à ses enfants, son chauffeur ou son concierge… Trop content d’assister à une humiliante défaite de nos millionnaires sous-éduqués préférés.

Montreal-CH-CentreBell

Cette année, j’ai abandonné pour de bon cette équipe minable, sans imagination et sans véritable volonté de gagner.  Depuis 1979, cette équipe ne prend aucun risque et est devenue le refuge des anciens, d’une tradition qui n’apporte que trop peu de victoires.  Il est temps d’un changement de culture d’entreprise.

Sinon, et bien… on regardera les matchs des Nordiques…

Vendre l’Impact à Montréal et au Québec

Le premier match de la saison de l’Impact a attiré 27 545 spectateurs au stade olympique, l’organisation en aurait aimé 34 000. Dommage, car bien des gens se sont privés d’un excellent spectacle où les Montréalais ont fini par s’imposer par la marque de 3-0 contre le New York Red Bull, pourtant le champion de la saison régulière 2015, et tout ça sans Didier Drogba. Bon, le stade Olympique peut être d’un ennui mortel, Drogba s’entraine encore sous le chaud soleil de la Californie pour bien préparer son genou pour la saison et malgré la qualité de l’équipe, les Red Bulls n’entraînent pas les plus grandes passions au Québec… On suppose tous que le Stade Saputo va être plein contre le Toronto FC lors de la « vraie ouverture » au mois d’avril, mais ça, c’est seulement un match dans la saison…

Malgré tout, tous les journalistes sportifs clament que c’est « l’année de l’Impact ».   Les Canadiens se sont enfoncés tellement loin dans la médiocrité que l’amateur de sport moyen n’a plus d’autres choix que d’aller voir l’Impact pour avoir sous les yeux un produit de qualité. Mais aller jouer dans la cour de la Sainte Flanelle peut s’avérer hasardeux; il s’agit d’une institution plus que centenaire, tandis que l’Impact a 23 ans d’existence et seulement 4 ans en MLS…  Car contrairement à leur relation avec le Canadien de Montréal, les Québécois(es) ne naissent pas fans de l’Impact, ils le deviennent…

Mais on ne doit pas voir le fait qu’elle ne traîne pas trop de passé, d’histoire, comme un désavantage, mais plutôt comme une opportunité, car elle peut se permettre beaucoup plus d’innovation au niveau de la stratégie de communication et de l’image de marque.  On retrouve déjà beaucoup de choses sur les réseaux sociaux et l’internet parlant de l’Impact ou de la culture soccer en général. Le club de soccer fait sa part, mais il devrait s’affairer à fédérer tous ces éléments et publiciser les bons coups venant de la base dans les canaux plus officiels.

L’Impact doit profiter de la créativité de sa base pour faire plus de marketing viral.  En bref, il s’agit de faire le « template » et laisser les partisans s’occuper de la diffusion. Dans ce genre de stratégie, il faut viser à engendrer un cycle de création perpétuel, donnant aux partisans l’impression d’être continuellement impliqués.  Les tentatives pour forger des liens du haut vers sa base [top-down], plutôt que prendre les initiatives de la base [bottom-up] peut s’avérer désastreux. Le supposé hymne de l’équipe créé par Radio-Radio l’année dernière a eu une réponse assez négative. On comprend que l’organisation avait fait une fleur a un partenaire d’affaires, mais les fans ne sont pas sentis représentés par ce coup de pub. D’un autre côté, un simple renard qui a élu domicile au Stade Saputo est devenu rapidement la vraie mascotte de l’équipe (désolé Tac-tik)… Ces choses-là arrivent par hasard, mais vu qu’elles viennent de la base, le lien émotionnel est plus fort.

Je sais que certains profanes auront de la difficulté à me croire, mais l’ambiance au Stade Saputo est du tonnerre, et même mieux qu’au Centre Bell.  L’Impact se doit de miser sur l’expérience supporters, plutôt que sur l’équipe (bon là l’équipe est excellente, mais un jour elle va l’être moins…) Les victoires ne font pas nécessairement vendre, elles facilitent plutôt la vente de billets.  Et comme le match d’ouverture l’a démontré, une équipe gagnante ne semble pas suffisante.

L’Impact c’est comme Arcade Fire; le Canadien comme Céline Dion. Ce n’est pas dans la même ligue, pas le même public et ce ne sont pas les mêmes besoins de diffusion. L’Impact n’a pas le même bassin de fans, mais leur dévouement peut compenser leur nombre.   Il faut comprendre que l’amateur de sport moyen va venir une fois de temps en temps voir un match, comme il va voir un match par année (ou aux deux ans) pour le Canadien de Montréal… même chose pour les Alouettes… Comme pour toute équipe professionnelle,  l’impact va vivre et mourir avec ses partisans les plus dévoués.

Rentrer du monde dans le stade, c’est comme faire sortir le vote à une élection, faut juste savoir où se trouve nos « sympathisants » et les contacter adéquatement pour qu’ils viennent. Si on n’a pas une couverture média mur à mur et 24 heures sur 24, comme en bénéficie l’institution nationale qu’est le Canadien, il faut une bonne organisation de terrain, et la ferveur des partisans peut s’avérer un outil intéressant dans ce cas-ci.

Oui les gens doivent aller voir les matchs au stade, mais ce n’est pas tout le monde qui peut acheter des billets de saison (ou des forfaits de « mini-saison »). L’Impact a besoin de lieux de rencontre, comme des bars de quartier où on peut aller voir les matchs, car ce n’est pas tout le monde qui a le câble… surtout que les 18-34 ans sont plutôt du genre à pirater des « livestreams » que de s’abonner à TVAsports.  C’est en renforçant le sentiment de communauté que l’équipe va conserver ses partisans et en attirer des nouveaux.

Déjà des activités de toutes sortes sont organisées par des groupes de supporters, il serait bien d’en entendre un peu plus parler.  L’équipe fait déjà beaucoup d’efforts, la couverture média entourant l’Étoile du Nord, l’énorme cloche du stade Saputo, constitue un bon coup de la part de l’organisation.  Il y a toutefois, tout un travail d’information à faire sur la culture sportive à l’intérieur du stade lors des matchs, ce qui pourrait désorienter un spectateur lors de sa première visite. Éduquer le grand public sur les différents groupes de supporters et présenter les gens qui en font partie peuvent entraîner une identification avec l’équipe avant même qu’il se rende au Stade. Cela peut également segmenter le message sans trop d’effort de conceptualisation. Là aussi, l’équipe fait des efforts en ce sens, mais il serait plus préférable, à mon avis, qu’elle pousse plus dans cette direction, plutôt que d’attendre que les médias conventionnels fassent la moitié du travail à leur place.

Car voyez-vous, nous sommes pas le Canadien de Montréal…

Thank god.