Prélude à la catastrophe

Déjà que la dégelée de 5-0 contre Vancouver ayant un effectif rempli de réservistes pouvait nous faire craindre le pire, le 4-0 contre le Révolution de la Nouvelle-Angleterre peut nous le confirmer : l’Impact est poche. L’hécatombe du début de saison n’aide sûrement pas, les joueurs semblent toutefois perdus sur le terrain, alors que Bleu-Blanc-Noir était, malgré le manque de résultats, beaucoup plus cohérent en début de saison l’année dernière.

Les gros morceaux, partis vers de meilleurs cieux dans l’entre-saison, ont été timidement remplacés, mais quand tes pièces de rechange sont elles aussi à l’infirmerie… Le nouvel entraîneur a déjà gaspillé ses cartouches avant même le début de la saison. On peut bien accuser le directeur technique pour le manque de qualité dans l’effectif; mais d’un côté le propriétaire ne veut pas délier les cordons de la bourse et, de l’autre, l’entraîneur ne semble pas avoir compris les risques, étant facilement identifiable lors de son embauche.

Alors que le CF croule dans les bas-fonds de la division de l’Est avec un différentiel de but de -13, la nouvelle équipe de Wilfred Nancy est en quatrième position. L’intégration semble être positive pour ce dernier. Désolé de tourner le fer dans la plaie, mais il s’agit du drame qui se joue devant nos yeux, la tragédie s’annonce pour tous les supporteurs. Chaque année, l’histoire se répète, le manque de professionnalisme de l’organisation vient détruire sa progression normale. Même si des améliorations ont été réalisées en ce sens au cours des dernières années, les efforts nous apparaissent insuffisants, alors que le reste de la ligue a passé à un autre niveau. 

La longue liste d’accidents de parcours n’aide aucunement à renforcer l’adhésion des partisans potentiels à cette équipe. Les résultats de l’année dernière ont pu colmater quelques brèches , mais quand l’architecte principal de ces succès à quitter le navire, on peut se demander si, cette fois-ci, le bateau va sombrer pour de bon?

3e défaite de suite lors du 3e match de la saison

Tout a déjà été dit, je ne réécrirai pas le même texte encore une fois.

Le CF n’a pas mal joué, mais à commencer des matchs avec autant de pièces manquantes, c’est difficile d’aller chercher la victoire.

Ce n’est pas un problème d’effort, mais Montréal méritait-il la victoire? Les joueurs peut-être, l’organisation moins…

Pas encore de but, faut-il blâmer l’attaque? Pas vraiment; des attaquants il faut les alimenter… Certains diront que l’on manque de finition, mais la construction était boiteuse, alors que la défense de Nashville était en plein contrôle, une équipe mieux alimentée au niveau talent n’attendait que les erreurs des Montréalais pour s’inscrire au pointage.

Pourquoi sommes-nous aussi mauvais?

À Montréal, nos équipes professionnelles sportives sont nulles, exécrables, minables, pitoyables et il ne semble pas y avoir réellement de lumière au bout du tunnel. Sportivement, des erreurs ont été commises et ont été identifiées. De plus, les dirigeants de ces équipes ont tenté, sans succès, de les régler. Ces équipes ont maintes fois remplacé le personnel d’entraineurs, mais malgré quelques soubresauts, la médiocrité persiste. Il est à se demander si le problème dépasse le cadre sportif, s’il serait plutôt le reflet d’un mal plus profond dans notre société.

Car lorsqu’on parle de sport, on parle de compétition, de dépassement de soi, de leadership, de talents, de créativité et d’énergie. Pouvons-nous dire que ces éléments sont présents au Québec? Du moins, sont-ils présents en nombre suffisant dans les lieux de décisions? Le manque de résultats au niveau de ces équipes sportives démontrerait-il que, parallèlement, nous souffrions d’une médiocrité globale, au niveau institutionnel, économique ainsi que politique? Sommes-nous englués dans de vieilles façons de faire, de concevoir nos organisations de telles sortes que même lorsqu’on veut les améliorer, nous sommes incapables d’accomplir de réels progrès?

Je ne pointe pas du doigt la structure de l’entreprise privée, ou l’idéologie néolibérale. Il serait trop facile, de prendre ce chemin et de se lancer dans une plaidoirie plus à gauche. Toutefois, on peut observer qu’une certaine façon de concevoir les organisations, plutôt traditionalistes, très rattachée à une certaine conception de l’entrepreneuriat est solidement enracinée au Québec. Si ces dernières peuvent être encore adéquates pour une PME, il n’en est guère pour une institution sociale d’importance comme une équipe professionnelle de grande envergure. Vous pourriez mettre les meilleurs éléments à des postes clés dans chacune de ces équipes, elles devraient continuer à échouer, car leurs structures décisionnelles sont inadéquates.

Une affaire de famille

Malgré tous les millions qui y transitent, les équipes sportives montréalaises sont des entreprises familiales.  Ce lien personnel avec l’entreprise pourrait apparaitre comme étant un avantage, mais ces dernières années, les liens quasi filiaux entre certains dirigeants et leurs propriétaires ont retardé des décisions pouvant améliorer ces équipes. Comme dans une famille, on préfère l’absence de conflit et la cohésion sociale au détriment de l’efficacité. L’entêtement des propriétaires de conserver une trop grande part décisionnelle dans leurs organisations, a empêché ces dernières de recourir à l’aide dont elles avaient besoin.

Mauvaise conception du leadership

Il ne faut pas prendre de la passion et de l’engagement pour du leadership. Certains vont jusqu’à prendre le dévouement sans esprit critique comme étant une «bonne attitude». Pour progresser, il faut savoir prendre du recul, comprendre les fondements du problème et être prêt à le concevoir différemment. 

Une personne ayant vraiment à coeur le succès de l’équipe (ou de toute autre organisation) réfléchit, conteste les façons de faire, veut améliorer la situation au lieu d’être prise dans le statu quo. Si cette critique doit se faire dans le respect, les employés doivent se sentir à l’aise d’apporter leur point de vue. 

Ce que nos équipes recherchent ce n’est pas du dévouement, mais du dévouement qui ne remet d’aucune façon en question l’autorité du propriétaire et de ses subalternes. 

Une institution sociale

Le sport c’est important. Ce n’est pas qu’un simple divertissement où des millionnaires font faire des profits à des milliardaires sur le dos des masses incultes. Posséder une équipe professionnelle revient avec une responsabilité morale, celle de s’impliquer dans sa communauté, et en plus de tenter d’améliorer la vie des individus qui la composent. Et quelques fois (pas toujours) pour cela, la victoire doit avoir la priorité sur la rentabilité.

Montréal est un centre culturel et universitaire de première importance dans le monde, de plus les talents en haute technologie se démarquent, des jeux vidéos à l’intelligence artificielle, elle devient une référence, une ville pleinement ancrée dans le XXIe siècle. Pourtant, nos propriétaires même s’ils ont à coeur le succès de leur équipe, sont encore pris dans le XXe, où la structure hautement hiérarchisée ne peut qu’amener d’innovation que «par le haut», où les informations sont cachées en plus d’être menée par des leurs sautes d’humeur plutôt que par un réel plan à long terme. 

Dans ce monde, d’hypercommunication et de communauté virtuelle ne pas tenir compte de l’opinion de ces partisans ne peut que tuer sa franchise à petit feu. Si les décisions sportives doivent avoir le dessus sur le marketing, il faut tout de même tenir compte de l’évaluation de ses effectifs par l’ensemble de la communauté. Si les entraineurs et les directeurs généraux doivent avoir le dernier mot, s’entourer de vieux amis et de sycophantes, n’ayant comme expérience d’avoir partagé le même vestiaire à un moment ou un autre de leurs carrières n’est pas un gage de succès. Les statistiques ne proviennent non seulement des performances des joueurs, mais peuvent provenir également des partisans qui peuvent souvent avoir une opinion plus que les équipes techniques. Il y a dans le partage d’information, des innovations à découvrir et de nouvelles méthodes de dépistage à appliquer. 

Le plus important, toutefois, serait d’arrêter de prendre le partisan comme un simple consommateur, vide de toute capacité d’analyse. Les échanges simultanés maintenant possibles grâce aux réseaux sociaux font d’eux des participants actifs au match. Il n’y a plus le filtre du journaliste, devant souvent se censurer pour continuer à avoir accès à l’équipe qu’il suit. Lorsqu’un dirigeant s’enferme dans un cadre d’analyse erroné, il ne déçoit plus, il enrage les partisans. Et malheureusement, pour punir l’équipe certains décident de ne plus dépenser ses dollars loisirs pour assister aux matchs locaux.

Mesurer adéquatement le succès

Prenez n’importe qu’elle entreprise, elle se fixera des objectifs et tentera de les atteindre. Certaines seront couronnées de succès, d’autres failliront à la tâche. Toutefois, notre système étant ce qu’il est, il est rare que les grandes entreprises paient réellement pour leurs échecs. Souvent, celles-ci obtiendront une aide gouvernementale qui ne demandera rien en retour, laissant en place des dirigeants incompétents qui continueront à prendre de mauvaises décisions. De leur côté, les gouvernements s’en lavent les mains, prétextant qu’ils viennent de sauver des milliers d’emplois. Et lorsque ce n’est pas les gouvernements, ce sont les fonds de solidarité ou les institutions financières qui viennent sauver les entreprises fautives qui ne se remettront rarement en question. 

Alors, prenez des gens qui baignent dans ce type «d’environnement décisionnel» où l’imputabilité n’existe pratiquement pas. Qu’arrive-t-il lorsque les défaites s’accumulent à une vitesse fulgurante et où l’espoir est pratiquement disparu? Ils trouvent des excuses, comme l’attitude, les blessures ou encore que les autres équipes ont eu l’audace de chercher à s’améliorer… quelle pratique déloyale! 

La beauté du sport réside également dans le fait qu’il est pratiquement impossible de cacher ses erreurs, le talent parle autant que l’incompétence. C’est un domaine où l’humilité n’est pas qu’un avantage, mais également une nécessité. Malheureusement, s’asseoir sur ses lauriers et quelques exploits passés n’est pas suffisant.

Une des pistes de solutions de nos dirigeants sportifs serait peut-être de sortir du cadre de l’entreprise privée où les décideurs préfèrent les conférences de motivation vides sur le «leadership» aux données réelles et aux innovations dans le domaine du management. Si vous me trouvez trop critique, un rapport de la firme Deloitte met en lumière de graves lacunes chez les employeurs canadiens. Celles qui montrent la voie tendent plutôt à faire participer les employés dans le processus décisionnel, à s’impliquer socialement, à offrir de meilleures conditions de travail et possède une réelle volonté d’intégrer les nouvelles technologies. 

Nos équipes n’ont pas tout faux, mais certains éléments manquent toujours. Pour y remédier, il faudrait premièrement que les propriétaires prennent du recul et laissent leur place à quelqu’un ayant de véritables compétences pour diriger une telle entreprise. De plus, il faudrait recruter les administrateurs ailleurs que chez les anciens joueurs ou les écoles de gestions. Dans certaines circonstances, leur apport peut être utile, mais il y a d’autres avenues qui s’offrent à ces équipes. Une diversité dans les postes décisionnels ne peut qu’emmener de nouveaux points de vue, de nouvelles solutions à des problèmes qui ne font que s’aggraver. 

Des équipes vraiment montréalaises

Sans tomber dans le jovialisme délirant de l’acceptation à outrance, du politiquement correct et de la société arc-en-ciel que peut entrainer le discours du Multiculturalisme; il faut se rendre compte que le monde change. Les vieilles méthodes fonctionnaient peut-être lors des dernières décennies, mais il faut comprendre que les résultats ne sont plus au rendez-vous. De plus, changer les décideurs par d’autres, quasiment identiques, devraient apporter le même genre de résultats, et perpétuer les insuccès généralisés. Nous méritons mieux.

Montréal n’est-elle pas une ville célébrée pour son ouverture d’esprit, pour son accueil ainsi que pour sa grande diversité? Alors, pourquoi ne pas avoir des équipes qui reflètent réellement la ville qu’elle est censée représenter ? Cela ne doit pas être uniquement visible sur le terrain, surtout lorsque tous dans l’équipe doivent répondre au fils de quelqu’un… Mais n’est-ce pas là le reflet de notre pays, de nos institutions politiques?

À Montréal, le sport est souvent le seul pont entre les deux solitudes, entre les différentes communautés culturelles, entre les riches et les pauvres. Dans un Québec de plus en plus déchiré  sur les questions identitaires, il serait bien que ces liens se renforcent, que nous aillons quelques choses à célébrer. Et ces choses ne pourront survenir en se refermant sur nous-mêmes et en s’obstinant à perpétuer des habitudes tombées en désuétudes. 

Mes vacances « baseball » cet été

Cet été, j’ai réalisé un rêve un peu fou et très particulier.  J’avais depuis longtemps l’idée de parcourir le Québec régional dans le but de visiter ses microbrasseries et assister à des matchs de baseball qui y survit encore.

Le baseball peut aussi être un bon prétexte pour visiter le Québec et de sortir des sentiers battus.  Nous ça été la bière, mais il y a des artisans, des restaurants, des musées, des campings, des sentiers de VTT, ou des pistes cyclables un peu partout, ce n’est pas les activités qui manquent.

Mon périple a commencé en quelque sorte avec un match de l’Impact la veille de ma « tournée », et quel match ! Un tour du chapeau de Drogba, Patti qui tricote de bas et sert des tasses de café à l’équipe adverse toute la soirée, en plus de Mancosu qui marque à sa présence avec le club montréalais… Avec les ultras en feu, le Stade Saputo a failli exploser.

Alors avec toute cette émotion, je me suis couché tard, pour partir au petit matin pour un match de baseball de la ligue Can-Am au Stade Municipal de Québec en après-midi.  Je m’attendais a un peu plus d’un match entre les Capitales et les Aigles de Trois-Rivières.  Les visiteurs l’ont emporté 4-1 sur des erreurs…

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Match Aigles de Trois-Rivières @ Capitales de Québec

La première impression que j’ai eu au match des Capitales de Québec, c’est la quasi-absence de minorités visibles dans les estrades.  Pour le gars de Villeray, ce genre d’environnement est toujours un peu déconcertant…

On a été moins chanceux à Trois-Rivières, le match a été reporté pour cause de pluie.  On a fait un peu de visite, on a bu beaucoup plus que prévu. (NDLR : Finalement, on a pu utiliser nos billets pour un match durant la fin de semaine de la fête du Travail, on a eu droit a un match de fou où les Aigles l’ont emporté 10-9 en dixième manches).

Après un arrêt à Magog, nous sommes allés voir deux matchs à Coaticook et à Sherbrooke.  Je peux vous certifier que le baseball dans les Cantons-de-l’Est, c’est sérieux. Le stade à Coaticook est assez surprenant pour une « petite ville »; celui à Sherbrooke est un peu moins beau, mais on y compense largement par l’ambiance et l’organisation.  Bref, on a eu bien du fun.

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Stade Municipal de Québec

Au baseball, comparativement aux autres sports, le niveau de jeu n’a aucune influence sur mon appréciation du spectacle.  J’aime le soccer, j’adore l’Impact, mais je ne crois pas que j’aurais beaucoup de plaisir à regarder un match de semi-pro avec le même plaisir.  Lorsqu’on passe dans un parc où il y a un match de baseball, il est plus que fréquent qu’on arrête pour regarder. C’est un sport qui « impose » la pause, qui fait arrêter le temps, ce que les gens ne font pas dorénavant assez…

Le meilleur moyen de perdre 3 à 4 heures dans une journée, car aller un voir « une game de balle », il faut accepter de perdre son temps. C’est prendre une pause avec le rythme effréné de la vie moderne. C’est aussi un acte de Foi, car on sait lorsque ça commence, mais on ne sait jamais lorsque ça va finir.  Regarder du baseball, c’est plus anticiper le dénouement du jeu, que le jeu lui-même. La beauté de ce sport réside plus dans l’imprévu, l’inespérée, la différence étant toujours faite lorsqu’un des joueurs effectue une action considérée au-delà de ses capacités.

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Match Cactus de Victoriaville @ Expos de Sherbrooke, Stade Amédée-Roy

Certains en visite aux États-Unis vont voir des parties des ligues majeures comme si c’était quelque chose d’exotique, comme je l’ai déjà fait au Wrigley Field à Chicago.  Pour beaucoup, le baseball ne fait déjà plus partie de nous, mais les Québécois jouent au baseball depuis plus d’un siècle.  Le baseball, c’est un élément de notre héritage, de notre identité.

 

Toutefois, le manque de leadership des Expos d’emmener des Québécois dans les ligues majeures, de prendre prendre possession véritablement de ce sport, de donner aux jeunes athlètes québécois un autre domaine où ils pouvaient exceller, peut expliquer que ce détachement fut aussi facile ces dernières années.

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Stade Expos de Sherbrooke @ Big Bill de Coaticook, Stade Julien-Morin

Aller voir un match de baseball en Région, c’est un peu comme assister à une assemblée de comté du PQ, beaucoup de têtes blanches, pas beaucoup d’immigrants, une poignée de fanatiques et deux-trois touristes… Le baseball est devenu en quelque sorte un acte de survivance et du même coup une réaction à de profonds changements qui bouleversent la société québécoise.  C’est un lien avec un passé qui s’efface tranquillement…

Il faut arrêter de croire que le « retour du baseball » passe par un retour des Expos. Avant 1968, les terrains de baseball étaient remplis partout sur le territoire du Québec, les joueurs québécois dans les ligues majeures étaient tout aussi rares et personne ne semblait s’en soucier.

C’est pourquoi je crois qu’il faudrait une équipe sénior ou Can-Am, plus près du centre-ville (sur le Plateau ou quelque chose du genre) et il faudrait même la présence de ces équipes de niveau « inférieur » à Montréal, même si les Expos revenaient s’installer dans la Métropole. Premièrement, cela donnerait accès à un niveau supérieur aux joueurs québécois et montréalais. Ensuite, permettrait à certains quartiers de renforcer leur sentiment d’appartenance, en ayant un lieu de rencontre.  Car, il y a toujours de la place au baseball et le baseball accueille tout le monde, c’est le plus démocratique des sports. Les bons joueurs sont ceux qui réussissent un coup sûr environ, 3 fois sur 10. On célèbre en quelque sorte les moins pires plutôt que les meilleurs, tout le monde peut s’identifier à ce genre d’athlètes.  C’est pourquoi je crois que le plan d’action de la Ville de Montréal pour le baseball est une bonne chose, il était temps qu’on réinvestisse un peu dans ce sport oublié. Expos ou pas Expos, je crois que cela ne peut être que bénéfique pour les jeunes, nos infrastructures sportives, et l’augmentation de l’activité physique.

Il serait temps de gagner… pour vrai.

montreal_impact_mls_logoCher Impact de Montréal,

Tout au long de l’année, on a attendu ce point tournant, ce moment qui allait dévoilé la grande équipe promise depuis la fin de l’année dernière.  Tout ce qui est arrivé cependant depuis de la saison 2016, c’est qu’on a échangé constamment  notre perception de la saison entre celle du verre à moitié plein et celle du verre à moitié vide. Tout est à demie teinte : un début de saison fracassant suivie de nulles à répétitions, les blessures, les joueurs qui quittent et ceux qui reviennent.  On a repris espoir avec une immense victoire à la maison contre Philadelphie, peu après une défaite horrible contre Chicago, pour être témoins ensuite un gain miraculeux à Toronto avec seulement 10 joueurs, pour s’effondrer encore une fois contre Orlando à la maison… Cette équipe n’a jamais su atteindre sa vitesse de croisière, jamais eu de momentum.

Sérieusement, ça vous prend quoi ? Car tout le monde sait que vous avez tous les ingrédients pour réussir.  Lorsque vous êtes en feu, rien ne peut vous arrêter, vous survolez la ligue, vous impressionnez, vous avez l’air de quelque chose comme une grande équipe. Malheureusement, vous sortez votre meilleur jeu seulement lorsque vous devez réagir aux événements, comme à Toronto par exemple. Il faut constamment vous secouer pour vous faire réagir. Vous êtes bons pour défendre votre honneur, mais l’instinct du tueur vous ne semblez pas l’avoir.

Et pourtant, ce n’est pas la motivation qui vous manque, la fenêtre d’opportunité n’a jamais été aussi belle.  Malgré tout, votre popularité augmente. Vous devez faire quelque correctement…

Vous oeuvrez dans une société en pleine mutation et en quête de repères, vous pourriez indiquer la voie au lieu de vous chercher match après match.  Vous devriez vous rendre compte un peu plus de la bouffée d’air frais que vous offrez dans le paysage montréalais, dominé par le trop convenu et contrôlant Canadien de Montréal qui présente un produit moyen à des vieux riches dépassés se contentant des succès d’une époque révolue.  Les bouffées d’air frais sont rares pour le Montréal multiethnique trop souvent caché par une version générique au teint aussi beige que ses propos. Et ceux qui osent briser cette hégémonie se  voient porter au pilori. L’unanime et immobile Québec semble pareil partout, surtout dans l’univers sportif où le gros rire gras du mononcle enterre tout langage coloré provenu d’ailleurs. Cette société tricotée serrée a délié ses liens depuis plus d’une décennie, et si de plus en plus de voix se fond entendre, le climat de suspicion, de démagogie et d’intolérance devient assez lourd à porter. Les gouvernements, eux, ont trop souvent remplacé les projets de société pour du mépris. Au Québec, la différence est un bruit de fond, un morceau de décors, elle n’est jamais présente à l’avant-scène.

Vous ne vous en rendez pas assez compte, mais vous montrez un visage que l’on ne montre pas (ou presque pas) au Québec. Celui d’une diversité décomplexée qui ne demande aucune permission pour accomplir de grandes choses.  De la ligue des Champions et des séries l’année dernière, à toutes les remontées folles et au match contre Toronto cette année. Chaque semaine vous gagnez des adeptes, conquis par l’ambiance exaltée du Stade Saputo.  On se demande encore pourquoi il y a autant de désarroi de votre côté ?

Il y a l’Histoire qui n’attend qu’à être écrite. L’Impact n’est peut-être pas l’équipe avec la plus grande valeur marchande, avec les plus grandes assistances ou le plus d’abonnements de saison; c’est qui est unique, c’est le contexte social dans lequel il s’inscrit qui va au-delà même du fait français en Amérique du Nord. C’est, peut-être malgré lui, le symbole d’une génération et d’une vision différente du Québec. Bref, si vous gagnez, ça veut dire plus qu’une simple victoire sportive. C’est aussi dire à tant de gens que l’espoir n’est jamais véritablement mort, que le triomphe existe, que l’histoire peut se terminer, qu’on peut tourner la page et commencer un nouveau chapitre.

 

 

Désolant Canadien de Montréal

Tout le monde sera d’accord avec l’affirmation que la dernière saison est « l’annus horribili » du Canadien de Montréal.

Montreal_Canadiens

Le Canadien est devenu une institution et c’est exactement ça le problème.  Comme toute bonne institution, elle perd de son désir d’innovation et  beaucoup d’énergie à faire une place à ses anciens, même s’ils sont incompétents…

Car le Canadien possède une culture du contrôle, avant celle de la victoire. En ne voulant que personne ne soit plus grand que l’équipe, l’organisation empêche les grands joueurs d’y jouer.  En fait, nos deux dernières grandes vedettes sont Patrick Roy et Carey Price, ce qui indique qu’il y a un problème de personnel depuis longtemps en avant du gardien de but.  Le contrôle immense du message fait penser au régime soviétique, avec tous ces journalistes soumis et dociles, offrant une couverture disproportionnée au spectacle et aux résultats offerts par l’équipe. Cette bande d’apparatchiks insignifiants considère les amateurs pour des imbéciles, ce qui semble malheureusement être le marché cible du club de hockey.

Même si j’aime bien Pacioretty en tant que joueur, le fait de le choisir comme capitaine avant PK Subban indique un manque de vision, de panache, et une tendance désastreuse à  privilégier l’effort avant le talent et même avant l’intelligence… C’est le triste chemin qu’a emprunté cette équipe depuis qu’elle s’est honteusement débarrassée de Guy Lafleur dans les années 1980.  À Montréal, on n’aime pas que certains volent la vedette au club, à la marque du Canadien de Montréal et à ce groupe d’anciens dépassés par le hockey moderne.

Les joueurs détestent PK et n’écoutent plus leur coach, tout ça sous les ordres d’un capitaine sans véritable leadership… Un groupe soudé qu’ils nous disent, un groupe soudé où les médiocres se protègent entre eux, ça ne donne pas grand-chose.

Le Canadien de Montréal est devenu une équipe de vieux cons, par des vieux cons et pour des vieux cons…  L’emblème de tout un peuple s’est transformé en une marque diluée, seul refuge des aliénés de notre époque. 23 ans sans coupe Stanley et les gens se régalent encore, il faut comprendre que tous ces vieux partisans sont rassasiés avec tous les grands exploits des années 50,60 et 70… Pourquoi alors changer la culture d’entreprise lorsque le Centre Bell est plein ? Si le boss est déçu par le club, il peut toujours donner ses billets à ses enfants, son chauffeur ou son concierge… Trop content d’assister à une humiliante défaite de nos millionnaires sous-éduqués préférés.

Montreal-CH-CentreBell

Cette année, j’ai abandonné pour de bon cette équipe minable, sans imagination et sans véritable volonté de gagner.  Depuis 1979, cette équipe ne prend aucun risque et est devenue le refuge des anciens, d’une tradition qui n’apporte que trop peu de victoires.  Il est temps d’un changement de culture d’entreprise.

Sinon, et bien… on regardera les matchs des Nordiques…